mardi 28 février 2012

Sondage recrutement - pour les recruteurs - 1 de 2

Suite à notre sondage sur les outils de recrutement, voici les résultats obtenus auprès de 33 répondants sur les sources qu'ils avaient utilisé et préféré en tant que chercheurs d'emploi. Pour plus de détail, voir le billet précédent (cliquer ici).

Les sources du Web utilisées (plusieurs réponses possibles)
 61%  Jobboom
 52%  Placement en ligne (Emploi-Québec)
 36%  Site web spécialisés (principaux : Toiles de recruteurs et ORHRI)
 36%  Linkedin
 33%  Workopolis
 15%  Twitter
   9%  Facebook

Les autres sources utilisées (plusieurs réponses possibles)
 55%  contacts personnels
 48%  journaux locaux
 24%  agence de placement
 21%  journaux nationaux

La source préférée
Les sites généralistes (tel Jobboom) arrivent premiers avec 30% des choix, suivis des contacts personnels à 21%. Agences de placements et médias sociaux arrivent derniers avec 3% chacun.

Les meilleurs résultats obtenus (plusieurs réponses possibles)
 40%  contacts personnels
 26%  sites spécialisés
 18%  autres moyens
 18%  sites généralistes

Les pires résultats obtenus (plusieurs réponses possibles)
 67%  médias sociaux
 58%  par les sites spécialisés
 56%  médias sociaux professionnels (ex. Linkedin)
 50%  journaux ou revues

Étrangement, d'un côté les répondants ont indiqué que les sites généralistes étaient leur source préférée, même si cette source arrive seulement 3e/4e (ex aequo) parmi les sources donnant les meilleurs résultats. Autre contradiction, les sites spécialisés arrivent en 2e place, autant dans les meilleures résultats que dans les pires. Finalement, Linkedin semble décevoir avec 56% des pire résultats.

Dans le prochain billet, voyez ce qui agace le plus les chercheurs dans une offre d'emploi.

jeudi 16 février 2012

Sondage recrutement - les résultats !

Après plusieurs mois à accumuler les informations, et, je m'en excuse, du retard de ma part, voici enfin les résultats du sondage sur les outils de recrutement fait l'an dernier. Ce sondage a reçu la réponse de 33 chercheurs d'emploi et 79 recruteurs (voir note 1), répondants que je remercie encore pour leur participation généreuse. Vous recevrez dans les prochaines semaines les résultats détaillés comme prévu. Pour commencer, voici une présentation sommaire des recruteurs et des chercheurs d'emploi.

Du côté des chercheurs d'emploi

Ils viennent majoritairement de la région de Montréal (61%) et sont employé (33%), en recherche d'emploi (27%) ou étudiant (18%). Environ 40% d'entre eux souhaitent travailler pour une PME contre 33% pour la grande entreprise et 21% pour la fonction publique.

Les principaux secteurs d'activité recherchés sont (plusieurs réponses possibles) :
  33%   Services professionnels   
  30%   Indifférent   
  24%   Fabrication  
  21%   TI (technologies de l'information)
  15%   ex aequo : commerce de détail, distribution, tourisme/restauration

Du côté des recruteurs

Occupant un poste de ressources humaines dans la moitié des cas, 40% des répondants font 16 à 50 recrutements par année, tandis que 31% en font plutôt de 6 à 15 par an. Leur entreprise est une PME dans 80% des cas, et pour 11% d'entre elles une grande entreprise.

Les principaux secteurs d'activité des entreprises employant les recruteurs sont :
   25%   Fabrication
   19%   Services professionnels
   13%   TI (technologies de l'information)
   11%   Distribution
   10%   Commerce de détail

Dans nos prochains billets, nous verrons quels sont les outils préférés des employeurs et des chercheurs d'emploi.

Note 1 : Ce sondage a été diffusé sur les médias sociaux, par courriel, et aux lecteurs de l’info-lettre (environ 750 abonnés au moment de la diffusion), provenant majoritairement des PME et occupant surtout des postes en gestion et en RH. Pour ces raisons, ce sondage n'est pas "scientifique" (pas de marge d'erreur, de pondération, etc.) et les répondants proviennent plus des TI (technologies de l'information) et des PME que la moyenne.

jeudi 9 février 2012

Équité salariale - Déclaration obligatoire

La Commission de l'équité salariale est active ces derniers temps. Plusieurs employeurs ont reçu des lettres officielles leur rappelant l'obligation de produire une déclaration sur l'équité salariale. Ceci pour TOUTES les entreprises comptant 6 salariés et plus

Cette déclaration est distincte de l'obligation de faire un exercice d'équité salariale. Autrement dit, même si l'entreprise n'est pas touchée, n'a que 7 salariés, ou n'a pas à faire l'exercice avant 2014, elle doit quand même remplir cette déclaration.

Voir mon billet précédent (pour le voir cliquer ici) qui donne plus de détails et explique pourquoi ils s'adressent aux 6 salariés et plus alors que l'équité est obligatoire seulement à partir d'une moyenne de 10 salariés.

Voir également le site internet spécial créé par la CEQ pour expliquer comment remplir cette déclaration : http://www.demes.gouv.qc.ca/

jeudi 26 janvier 2012

Vie personnelle et vie privée au travail

En gestion on parle souvent du mélange croissant de la vie personnelle avec la vie privée. Par exemple au recrutement, un candidat n'hésite plus à demander les détails du salaire, de l'assurance collective ou la semaine de 4 jours, avant ou durant une entrevue.

Les profils Facebook et Linkedin des employés mélangent allègrement les types de commentaires et de lecteurs. Un représentant écrira à son réseau Facebook : "Je m'en vais à New York pour le bureau, quelqu'un peut me suggérer un hôtel?" - alors qu'une employée dira sur son Linkedin "Je vends mon chalet à qui la chance ?"

Il est maintenant plus facile de joindre certaines personnes de notre réseau d'affaires via leur profil Facebook que par courriel. Les notions de confidentialité ont changé et les nouvelles générations sont moins gênées de parler à leurs collègues de leur bébé malade, de leur salaire ou d'une offre d'un concurrent. La peur de Facebook et de son manque de confidentialité leur semble très étrange.

Ceci montre un changement de mentalité qui vient corriger une perception fausse et relativement récente de l'histoire, celle qui dit "Le travail au travail et la maison à la maison". C'est faux, et ce n'est même pas souhaitable! Qu'on le veuille ou non, notre vie privée ou au travail influence grandement les autres aspects de notre vie. Les émotions, ce qu'on vit et qui nous préoccupe, ne s'arrêtent pas par magie lorsqu'on franchit la porte du bureau. Et ce n'est pas souhaitable, parce que nous serions un peu comme des robots si nous en étions capables, alors que nous sommes plus heureux quand notre vie personnelle enrichit celle au travail et inversement.

Les nouvelles générations mélangent sans trop y penser ces deux aspects et je pense qu'il s'agit finalement d'un juste retour des choses.  Ce mélange va parfois trop loin, quand on est incapable de prendre de pauses dans l'une des deux vies. Reste alors à apprendre à fixer des limites saines à l'une et à l'autre, pas à cause d'une règle rigide, mais pour être plus en santé. Exemple : en commençant une réunion, on peut demander à chacun d'expliquer en quelques secondes dans quel état ils arrivent. Si l'un des participants raconte qu'il se fait opérer le lendemain, il n'y aura pas de malaise s'il est distrait. La vie privée a influencé le travail, la situation a été expliquée et comprise, et elle peut reprendre sa juste place. Finalement, un collègue de travail peut le rassurer sur l'opération ou pour le remplacement durant son congé tandis que cette expérience fera peut-être prendre conscience à un perfectionniste qu'il peut compter sur son équipe durant son absence.

jeudi 19 janvier 2012

Recruter - nouvelles tendances

Suite à mon billet de la semaine dernière, (cliquer ici pour le voir), voici quelques idées pour faciliter la vie autant des candidats que des recruteurs.

Chercheurs d'emploi
Vous cherchez un emploi? Lorsque vous écrivez votre CV, pensez d'abord à ce qui est utile et intéressant pour le recruteur. Celui-ci veut un candidat intéressant ET intéressé, fiable, performant. Les hamsters (voir billet précédent) ne lui sont pas utiles, sauf pour un poste dans une animalerie. En fait, le recruteur s'intéresse plutôt à votre vie privée pour, par exemple, tenter de deviner si vous serez assidu ou persévérant. La qualité de votre français et la structure de votre CV lui en disent plus long sur votre future performance au travail que vos loisirs. Il n'hésite pas non plus à chercher votre profil Facebook ou autres traces sur internet pour rejeter les candidats qui présentent un profil trop olé-olé.

Montrez également votre intérêt AVANT de vous informer sur les avantages du poste. Ça semble démodé ou contre-nature pour certains, mais la grande majorité des entreprises offrent encore les (meilleurs) postes aux autres candidats, ceux qui se sont montrés motivés.

Recruteurs
Pensez également à vous mettre dans la peau d'un candidat : celui-ci prend une période de congé, se déplace à vos bureaux et passe une heure d'entrevue pour se faire offrir 20% de moins que son salaire actuel... Normal qu'il veuille confirmer une idée du salaire AVANT de se déplacer. Et vive la pré-entrevue téléphonique!

En tant que recruteurs, nous avons une part de responsabilité dans le comportement des candidats. Assis sur notre chaise de "Je suis l'employeur, c'est au candidat à faire tous les efforts", il a été trop facile dans le passé de ne pas faire attention à lui. Par exemple, le plus grand reproche fait par les candidats est le manque de suivi après une entrevue. La moindre des choses est pourtant de rappeler un candidat qui est venu passer une entrevue. Le faites-vous systématiquement? Si vous le faites, on ne peut quand même pas se plaindre trop du manque de considération des candidats si un nombre non négligeable d'entre eux ont vécu de mauvaises expériences durant ou après une entrevue.

Savoir se mettre à la place de l'autre
En conclusion, se mettre à la place du candidat ou du recruteur permet de se démarquer des autres, ce qui augmente beaucoup les chances de trouver l'emploi ou l'employé qui vous convient.

vendredi 13 janvier 2012

CV et candidats - nouvelles tendances

Statut Facebook ou CV?
Ces dernières années, j'observe des changements dans les CV reçus. D'abord dans le mélange vie privée et vie professionnelle, comme avec cette jeune diplômée qui écrit : "Loisirs - J'ai des cours de yoga pour me tenir en forme, et j’aime bien relaxer en allant au cinéma et faire du jogging à l’extérieur."
Un autre indique qu'il "aime surtout resté à maison (SIC) les fins de semaine". J'ai souri en me disant que c'était un drôle de loisirs mais ça ne bat pas ce candidat qui écrit qu'il a trois hamsters chez lui. Des candidats jeunes et moins jeunes indiquent aussi qu'ils ont pris deux ans pour voyager, ou six mois pour rénover la maison. Hum... Français approximatif et vie personnelle, on se croirait sur Facebook!

Parfois ça m'aide à saisir le type de profil ou à expliquer un trou dans la chronologie du CV. Mais la plupart du temps, je reste perplexe, surtout quand le reste du CV ne me donne pas autant de détails que j'aimerais sur les postes occupés...

Pas de temps à perdre!
On sent que les candidats sont également plus pressés. Ils appellent pour avoir des détails sur le poste, et surtout savoir le salaire, avant même d'envoyer leur CV. Ils ne se présentent pas aux entrevues, sans avertir, ou arrivent en retard sans s'excuser.

Ils envoient leur CV électronique sans prendre le temps de lire l'offre d'emploi jusqu'au bout. C'est probablement ce qui me choque le plus, quand j'appelle un candidat et qu'il ne se rappelle pas avoir appliqué, qu'il n'a pas vu que c'était un poste de soir ou me donne l'impression que je le dérange. Quand un candidat intéressant m'appelle, j'ai déjà lu son CV jusqu'au bout, et je le remercie de sa candidature. Je m'attends à un minimum d'attention de la part d'un candidat.

Pourquoi de tels changements et quels autres impacts sur le recrutement? Qu'est-ce qu'un recruteur peut faire à ce sujet? À suivre la semaine prochaine...

mardi 20 décembre 2011

Joyeuses Fêtes et Bonne année 2012 !

À vous tous, chers lecteurs, collègues de travail, clients et autre humain apprécié que j'ai la chance de côtoyer dans mon travail, merci de vos échanges, de me lire et me donner de bonnes raisons de continuer à faire ce que j'aime faire.

Je vous souhaite à tous de Joyeuses Fêtes, et une très bonne année 2012, remplie de ce qui vous rend, ou garde, en santé, joyeux et heureux.

Cybèle

PS Je prend congé du 22 décembre au 2 janvier et l'infolettre fait relâche jusqu'au 15 février. À bientôt !

jeudi 15 décembre 2011

Vêtements de travail, qui paie quoi ?

1- Un employeur peut-il exiger ou interdire le port de vêtements ou d'accessoires spécifiques ?

Oui de façon générale, s'il respecte les droits et libertés et la sécurité de l'employé. Par exemple l'obligation de porter un vêtement sexy ou ridicule ou l'interdiction de porter des jeans pourraient porter atteinte aux droits à la dignité, et à la liberté de se vêtir selon ses goûts ou ses croyances religieuses. À noter que ces droits sont protégés par la Charte des droits de la personne. Aujourd'hui nous verrons plutôt l'effet de l'article 85 de la Loi des normes du travail.


2- L'employeur peut-il demander à ses employés de payer des vêtements/accessoires spécifiques ou leur entretien ? Par exemple un uniforme et des bottes de travail.

Non dans ces cas :
-si le coût (achat ou entretien) vient réduire le salaire sous la barre du salaire minimum.
-si l'employeur vend ces vêtements ou accessoires (ex. dans une boutique de linge)
-si ces vêtements sont identifiés à l'employeur (ex. par un logo, le nom de l'entreprise, etc.)

Oui dans les autres cas. 


3- Peut-il interdire le port de bijoux ou de certains vêtements ?
-oui, pour respecter des normes légales, de sécurité, d'hygiène... Ex. cuisine.
-oui, pour respecter les clients et les collègues de travail.

Attention !
Le respect des clients ou des collègues de travail a parfois le dos large et ne doit pas trop empiéter sur les libertés individuelles, sinon l'employeur aura beaucoup de difficultés à faire appliquer ses règles. Une sorte de norme informelle régit ce qui est de mauvais goût et ce qui est choquant, mais elle varie selon les personnes, le milieu et dans le temps. Nous verrons dans un prochain billet de janvier pourquoi il est bon de remettre en question ces règles de temps à autre.


4- S'ils ont ces droits, pourquoi plusieurs employeurs paient ces vêtements ?
Je ne suis pas certaine, mais je vois trois raisons probables :

a- Ceci touche en fait surtout des emplois peu payés, ou ayant à travailler dans des conditions particulières : opérateurs, journaliers, gens sur les chantiers, serveurs, commis de magasins, etc. En fait, les complets, vestons et souliers luxueux ou originaux que quantités de gens doivent porter pour être acceptés dans certains milieux sont également des vêtements de travail pour lesquels l'employeur ne verse pas un sou.
b- Tant qu'à obliger l'employé à porter un vêtement particulier, les entreprises préfèrent l'identifier à leur nom, ce qui contribue au sentiment d'appartenance et à faire un peu de publicité.
c- Les entreprises qui ne paient pas les accessoires de sécurité voient souvent un taux d'accident et de vol plus élevé, les employés ayant l'impression de devoir payer pour assurer la sécurité dont ils pensent (à tort ou à raison) que c'est l'entreprise qui devrait en être responsable. Le même sentiment peut surgir dans une entreprise qui imposerait le port d'un type de vêtement sans le payer.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Pour référence, voir l'article 85 de la Loi des normes du travail
Voyez également d'autres exemples trouvés sur le site de la Commission des normes du travail (CNT).
Et un dossier sur le site de l'Ordre des CRHA : http://www.portailrh.org/...

Écrit en décembre 2011 et mis à jour en mai 2015

jeudi 8 décembre 2011

Colloque normes du travail - nouvelles réalités - 2

Voici la suite de mon billet sur les éléments que j'ai retenu du colloque organisé par la Commission des normes du travail (CNT), en 2e partie, la suite des informations intéressantes tirées du sondage de la CNT fait auprès de 4003 répondants :

Un profil surprenant
En dehors des employés saisonniers et dans la restauration, les enquêteurs ont eu la surprise de voir un type d'emploi sur-représenté pour les infractions nombreuses, soit les professionnels et cadres comptant plus de cinq ans d'ancienneté, et travaillant souvent hors des locaux de l'employeur (ex. agences, sur la route). Gagnant en moyenne 1000$ par semaine, ils semblent correspondre en partie aux travailleurs du savoir, et à ceux qui pensent être plus ou moins touchés par les normes du travail. De ces salariés, étrangement, 62% d'entre eux pensent que leur employeur respecte totalement la Loi.

Hausses et baisses des infractions à la Loi des normes entre 2004 et 2009 :
Une seule hausse significative a été constatée : l'imposition de faire des heures supplémentaires. Par contre trois baisses ont été notées :
  • Réunions ou autre activités hors de l'horaire habituel non rémunérées : passé de 37% à 26%
  • Durée du congé annuel non respectée : 18% à 13%
  • Remplacement du congé annuel par une indemnité compensatoire : 5% à 3%
Types d'emploi où les infractions sont les plus fréquentes :
  • Emplois saisonniers : 59%
  • Salaire sous 10$ de l'heure : 33%
  • Domaine de la restauration/hébergement : 30%
Les plus touchés par les infractions nombreuses
3 infractions ou plus vécues par un même répondant
  • Requérant un diplôme universitaire : 35%
  • Entreprises de moins de 20 employés : 25%
  •   moins de 50 employés : 62% 
Pour voir la série des quatre billets sur ce thème, cliquer ici

mardi 6 décembre 2011

Polytechnique, 22 ans plus tard

La plupart des gens se souviennent où ils étaient le 6 décembre 1989. J'étais au 6e étage de Polytechnique.

Saine et sauve physiquement, mais marquée par cette haine venue chercher et attaquer mes collègues d'université.

Nathalie, Barbara, Geneviève, Hélène, Anne-Marie, Maryse, Anne-Marie, Maryse, Michèle, Annie, Barbara, Maud, Annie et Sonia, je me souviens de vous et je vous dédie cette citation de Gandhi que je reprends à ma façon : "Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde".