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jeudi 7 mai 2020

Plan de retour au travail - exemple de contenu - après-COVID - 4

Mis à jour le 13 mai 2020 - grâce aux bons conseils de Marie-Ève Champagne, spécialiste SST. Merci Marie-Ève!

Nous avons vu la semaine dernière les étapes pour préparer un plan de réouverture et celles pour le mettre en oeuvre.

Voici maintenant les grandes lignes d'un plan général pour l'ensemble des employés d'une PME, un exemple à adapter selon votre situation.

Le plan n'est pas un manuel qui explique les mesures en détail, c'est un court document qui sert seulement au début, pour assurer la compréhension générale des mesures, expliquer comment elles seront implantées, dans quel ordre, pour qui, etc. Le plan sert à guider les gestionnaires, à informer et rassurer les employés et les clients. Mais surtout, il vise à mobiliser toute l'équipe pour faciliter les changements. Faire des changements n'est pas facile en partant, en faire beaucoup, en période incertaine comme maintenant, c'est un gros défi pour tous.

En gros, le plan devrait couvrir ces thèmes :
  • Mesures sanitaires et précautions
  • Reprise du travail
  • Horaires de travail
  • Clients et fournisseurs
  • Reconnaissance.
Deux excellents guides (ordre des CRHA et CNESST) vous aideront à compléter votre plan et vous donneront des outils, entre autres des listes aide-mémoire. La CNESST a également créé une application, voir les liens pour Android et Apple sur cette page.

1- Introduction
  • Rappel de l'importance de la santé physique et mentale, et de la sécurité des employés, que ces mesures sont essentielles pour la sécurité de tous et que l'employeur a l'obligation légale de les appliquer.
  • Expression de la confiance dans l'avenir de l'organisation et de la reconnaissance envers les employés pour leur collaboration.
  • Remerciements aux employés qui ont maintenu des services essentiels ou se sont trouvés en situation à risque, et ceux qui ont travaillé à la réouverture et à la production du plan.

2- Plan de relance
  • Résumé des prochaines étapes prévues, en gros quelles personnes/services/fonctions vont recommencer à quel moment, avec des précisions sur les horaires ou autres informations importantes pour la majorité des employés. Par exemple, on indique qui sera en télétravail, qui reviendra à temps partiel et à temps complet.
  • Avertissement que le plan pourrait changer en fonction des directives du gouvernement, etc.

3- Détail des mesures prévues
  • Synthèse des mesures générales pour tous : explication du déroulement des arrivées, pauses et dîners, mesures d'hygiène et de distanciation, où se trouveront les équipements de protection, qui sera en charge de quel aspect, etc. Incluant les mesures si un cas de COVID survenait ou était soupçonné au travail.
  • Un tableau est suggéré pour démêler les différentes mesures. Il peut être divisé par département, par type de mesure ou par chronologie.

4- Mise en application
  • Étapes et délais prévus pour le déploiement des mesures s'il y a lieu, et rappeler au besoin que chaque département aura ses mesures particulières à respecter.
  • Déroulement de la première journée de travail : dans quel ordre les employés entreront, comment se feront les vérifications à l'entrée, qui leur donnera la formation pour les nouvelles mesures, etc.
  • Rappel en douceur que le non respect vaudra une intervention rapide d'un responsable en donnant des exemples : formations d'appoint puis mesures disciplinaires. 

5- Communications
  • Rappel que le tout sera expliqué durant une rencontre/formation au retour de l'employé au travail et qu'un guide ou un manuel leur sera donné par la suite. 
  • Invitation aux employés à poser des questions, à exprimer leurs préoccupations et à faire des suggestions.
  • Noms des personnes ressources, entre autres pour recevoir ces communications et les dates des prochaines communications.
  • Remerciement à tous les employés pour leur implication.


mardi 28 avril 2020

Déconfinement : qui, quand et comment?


Mis à jour le 7 mai 2020

Voici les grandes lignes du déconfinement annoncé par le premier ministre Legault le 28 avril. Attention, il y a souvent une date pour le Grand Montréal et une autre date pour les autres régions du Québec. À noter que la date d'ouverture des commerces du Grand Montréal a été repoussée du 11 au 18, puis au 25 mai et pourrait changer encore selon l'évolution de la pandémie.

Pour savoir quelles municipalités font partie du Grand Montréal, voir une carte ici.

Tous les employeurs devront respecter les mesures sanitaires et d'hygiène supervisées par la CNESST. Voir ici leur trousse COVID-19 qui sera utile pour préparer le retour au travail.


Dates de réouvertures
  • Commerces de détail avec porte donnant sur l'extérieur (incluant ceux qui sont dans un centre commercial) : 25 mai pour le Grand Montréal et 4 mai pour les autres. 
  • Ensemble de l'industrie de la construction : 11 mai.

Manufacturier
  • Ensemble de l'industrie manufacturière : 11 mai - avec restrictions du nombre d'employés.
  • Maximum de 50 employés pouvant travailler sur un même quart de travail dans une usine, plus 50 % de la main-d'œuvre excédentaire. Exemple : s'il y a normalement 300 employés, l'usine peut avoir : 50 employés + 50% de 250 = 175 employés.
  • Levée des restrictions du nombre d'employés : 25 mai.

Écoles
  • Écoles primaires et garderies : 25 mai pour le Grand Montréal et 11 mai pour les autres, sans obligation d'envoyer les enfants à l'école
  • Les classes compteront un maximum de 15 élèves.
  • Écoles secondaires, cégeps et universités : fin du mois d’août.
  • Le ministre de l'éducation a rappelé que l'étudiant "qui est à la maison doit poursuivre une scolarisation" et que la note pourrait être modulée en fonction de ce que l'enseignant perçoit du travail fait à la maison.

Demeurent fermés
  • Centre commerciaux 
  • Commerces sans porte donnant sur l'extérieur 
  • Restauration, sauf pour livraison et pour emporter
  • Salons de coiffure, d’esthétique et d’autres soins personnels
  • Secteur culturel, incluant les lieux de diffusion
  • Secteur touristique
  • Autres secteurs où il peut y avoir rassemblements.

Autres informations utiles
  • Dimanche : tous les commerces demeurent fermés le dimanche jusqu'au 31 mai, à l'exception des pharmacies, des services de livraison des épiceries, des dépanneurs, des stations-service et des comptoirs pour emporter des restaurants.
  • Barrages routiers : les barrages dressés par la police pour protéger les régions éloignées sont maintenus pour le moment.
  • Rassemblements : les rassemblements de plus de deux personnes, en dehors des milieux de travail jugés prioritaires par le gouvernement du Québec, demeurent interdits jusqu'à nouvel ordre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Sources


lundi 27 avril 2020

4 étapes pour bâtir un plan de retour au travail après COVID-19 - 2


Mis à jour le 4 mai 2020

Pour mieux préparer le retour au travail dans votre organisation, voici les étapes à prévoir. N'oubliez pas de les adapter pour tenir compte des mesures établies contre la COVID-19.


1- Analyse de la situation - décideurs
On veut établir les scénarios les plus probables pour les prochaines semaines, selon les directives gouvernementales, la capacité des employés, les ventes prévues, les finances, etc. On veut produire...
  • un portrait des employés : lesquels sont actuellement à temps plein, à temps partiel, prêts à revenir, disponibles, lesquels ont des compétences critiques pour la reprise...
  • un portrait des ventes et approvisionnements : quels clients et fournisseurs sont arrêtés, en opérations partielles ou complètes, les ventes et achats à prévoir, les délais de paiement...
  • un portrait financier et des prévisions d'encaisse selon les revenus et dépenses prévues, incluant les aides gouvernementales, les possibilités avec son institution financière...
  • les scénarios possibles, ex. optimistes et pessimistes, "plans B"...

2- Réunir et décider - comité
  • Réunir un comité responsable des décisions, le plus souvent les décideurs et responsables des fonctions essentielles ou des départements. S'il y a lieu, intégrer le responsable SST.
  • Discuter ensemble des scénarios et des prochaines étapes à prévoir. 
  • Décider ensemble des grandes lignes du plan : quel département, quels types de postes, dans quel ordre... 
  • Établir les consignes générales : sécurité des espaces communs (entrées, cafétérias, toilettes, etc.), règles pour la transition, incluant le télétravail, que fait-on avec les employés qui ne souhaitent pas rentrer, les demandes de vacances, etc.
  • Déterminer un responsable qui va compiler l'information discutée et rédigera le plan général.
  • Planifier les prochaines rencontres.

3- Faire le tour des processus et des modifications à apporter - responsables
  • Pendant que le plan général est rédigé, chaque(s) responsable(s) fait le tour des processus de son département. 
  • Idéalement, le responsable révise toutes les étapes, de l'entrée à la sortie, en se mettant dans les souliers d'un employé : démarrage du travail, pauses, actions les plus courantes, équipements utilisés, déplacements, contacts avec les autres (interne et externe), etc.
  • Pour chaque étape courante, fréquente, importante ou comportant des risques, il faudra identifier ce qu'il faut changer/implanter pour respecter les règles sanitaires. Ex. respect de la distanciation, nettoyage des espaces et équipements communs, protocoles pour le travail en commun ou les services aux clients...
  • Le responsable peut s'inspirer des guides disponibles, voir plus bas.
  • Si possible, travailler avec un ou quelques employés d'expérience pour valider qu'on a fait le tour des aspects les plus importants.

4- Validation en comité
  • Durant l'étape 3, il y aura sûrement des questions qui touchent tous les départements, on fait alors une rencontre avec le comité pour discuter des nouvelles questions qui ont surgi entre-temps.
  • Finaliser le plan général et les procédures individuelles en s'assurant qu'ils sont cohérents.
  • Bien déterminer qui s'occupe de quelle étape, l'échéancier prévu, etc.

La semaine prochaine nous verrons la suite, soit les étapes pour mettre le plan application.

Guides pour le retour au travail

vendredi 20 mars 2020

COVID-19 : principales mesures pour les entreprises

Mis à jour le 29 avril 2020.

Voici les principales mesures annoncées par nos gouvernements pour aider les entreprises.

IMPORTANT : les programmes peuvent encore changer, je fais des erreurs, etc. Assurez-vous de valider les informations avant de les utiliser pour votre cas. 

Subvention salariale de 75% (SSUC)
  • Pour qui : les entreprises qui subissent une perte de revenus à cause de la COVID-19. Les petites ou grandes entreprises, celles à but non lucratif et les organismes de bienfaisance sont inclus, la mesure de "revenus" pourrait être ajustée pour les OBNL.
  • Quoi : subvention salariale temporaire de 75% de la rémunération versée.
  • Durée : 12 semaines, du 15 mars au 6 juin 2020.
  • Montants :  75% du salaire versé, jusqu'à concurrence de 847 $ par employé par semaine. 
  • Résumé du fonctionnement :
    - Voir le site du gouvernement pour savoir comment calculer la baisse de revenus et ce qui est admissible.
    - Il faut refaire la comparaison et la demande de subvention chaque mois.
    - Le montant est imposable.
    - Le paiement devrait être fait au début de mai.

Ajout à la subvention salariale SSUC : 
remboursement de certaines retenues sur le salaire
  • Pour qui : les entreprises recevant la subvention salariale de 75% pour des employés en congé. 
  • Quoi : sous certaines conditions, remboursement pour les employés admissibles des cotisations d'employeur de l'assurance-emploi, du Régime de rentes du Québec et du Régime québécois d'assurance parentale. 
  • Durée : 12 semaines, du 15 mars au 6 juin 2020.
  • Comment ça fonctionne : l'employeur demande un remboursement en même temps que pour la demande de subvention salariale (SSUC).
  • Cliquer ici pour détails, section "Remboursement de certaines retenues sur le salaire".

Subvention salariale de 10%
  • Pour qui : les petites entreprises, incluant celles qui ne sont pas admissibles à la subvention salariale de 75%.
  • Quoi : subvention salariale temporaire de 10% de la rémunération versée.
  • Durée : trois mois, du 18 mars au 19 juin 2020.
  • Montants : jusqu'à concurrence de 847 $ par employé par semaine, pour un total de 25 000 $.
  • Comment ça fonctionne : l'employeur calcule manuellement ce montant et le déduit lui-même de l'impôt fédéral lors du prochain versement des retenues à la source.
  • Cliquer ici pour les détails.

  • Pour qui : toutes les entreprises souhaitant donner de la formation ou du coaching, ou qui veulent améliorer leur gestion ou leurs ressources humaines.
  • Quoi : subvention de 100 % des dépenses admissibles de 100 000 $ ou moins : honoraires, frais et salaires des employés.
  • Durée : jusqu'au 30 septembre ou jusqu'à épuisement de l'enveloppe
  • Montants : 100% du salaire (partie non déjà subventionnée s'il y a lieu) jusqu'à concurrence de 25 $ l'heure. 100% des frais. 100% des honoraires jusqu'à un maximum de 150$ l'heure.
  • Comment ça fonctionne : l'employeur communique avec son conseiller des services aux entreprises d'Emploi-Québec, qui doit approuver le plan.
  • Cliquer ici pour les détails.

Prêts sans intérêt - Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC)
  • Pour qui : petites entreprises et aux organismes à but non lucratif
  • Quoi : prêts sans intérêt jusqu'à concurrence de 40 000 $
  • Comment ça fonctionne : les organisations devront communiquer avec leur institution financière pour demander ces prêts et démontrer qu’elles ont eu une masse salariale entre 20 000 $ et 1,5 million en 2019. Le remboursement du prêt au plus tard le 31 décembre 2022 entraînera une radiation de 25 % du prêt, jusqu'à concurrence de 10 000 $.
  • Note : Le prêt peut seulement servir aux dépenses d'exploitation que l'emprunteur ne peut reporter, comme les salaires, le loyer...
  • Cliquer ici pour les détails.

Délais possibles pour paiements des impôts, acomptes provisionnels et taxes TPS/ TVQ
  • Pour l'impôt : l'entreprise peut reporter le paiement des impôts et acomptes provisionnels jusqu'au-delà du 31 août 2020 qui deviennent exigibles à compter d'aujourd'hui et avant le mois d’août 2020. Voir les détails en cliquant ici pour le fédéral et ici pour le provincial
  • Pour les taxes TPS/TVQ : la date de paiement est reportée au 30 juin. Malgré ce qui est indiqué dans certaines informations provinciales, le paiement peut être retardé mais la déclaration est à faire dans les temps. Voir les détails en cliquant ici pour le fédéral et ici pour le provincial
  • Aucun intérêt ni aucune pénalité ne s’appliquera à ces montants durant le délai offert. 

  • Pour qui : petite ou moyenne entreprise 
  • Quand : au cours des quatre prochaines semaines
  • Comment ça fonctionne : l’ARC ne communiquera avec aucune petite ou moyenne entreprise pour entamer des vérifications post-cotisations de la TPS/TVH ou de l’impôt sur le revenu. Pour la majorité des entreprises, l’ARC suspendra temporairement l’interaction de vérification entre les contribuables et les représentants. 
  • Cliquer ici pour les détails.

mercredi 18 mars 2020

COVID-19 : voici 16 idées pour faciliter les choses

Suite aux échanges entre professionnels sur des pages Facebook et des éléments que j'ai vus chez des clients, voici des idées générales ou pratiques qui pourraient vous inspirer pour les prochains jours :
  1. établir rapidement comment se fera la prise des heures et journées d'absence, ex. banque de temps, vacances, journées sans solde, chômage... et bien l'expliquer aux employés : c'est probablement un des sujets qui les inquiètent le plus 
  2. résumer par écrit tous les éléments importants qui vont toucher les employés : télétravail, absences, covoiturage, réduction des heures, services essentiels, partage des horaires, etc. En discuter avec vos employés pour inclure leurs idées et répondre à leurs préoccupations
  3. organiser des rotations d'horaires en fonction des disponibilités (entre autres, garde des enfants, transports en commun)
  4. trouver des formations sur le web, ou donner des formations à distance sur l'usage des... outils à distance (ex. suite Google)
  5. créer des "banques d’heures négatives" pour les employés qui devront s'absenter
  6. organiser du covoiturage parmi les employés qui voyagent en transport en commun
  7. mettre des affichettes pour que toute personne qui rentre au travail passe d'abord se laver les mains à la salle de bain
  8. tenir un registre de tous les visiteurs avec la question : "est-ce que vous ou un membre de la famille a voyagé hors Canada dans les derniers 14 jours?" Si oui, reporter la visiter ou demander le lavage des mains et la tenue d'une distance de 2 mètres avec les autres personnes
  9. mettre un meuble devant le bureau, surtout à la réception, pour éloigner les visiteurs d'une distance de 1 mètre
  10. ou encore marquer cette distance sur le sol avec un ruban adhésif voyant
  11. disposer des linges réutilisables avec un vaporisateur de produit désinfectant et un panier pour les linges utilisés à plusieurs endroits (équivalent écologique des lingettes jetables)
  12. créer un groupe privé Facebook (ou autre plate-forme accessible à tous les employés) pour ventiler et remplacer les conversations informelles qui se tenaient autour de la machine à café
  13. enregistrer un message d'encouragement destiné aux employés et le diffuser sur ce groupe Facebook
  14. faire parler les gens des petites choses sur lesquelles ils ont le contrôle, ou encore d'éléments positifs du futur, les deux aident les gens à s'en faire moins avec un présent incertain
  15. par exemple, on peut créer des "évènements" virtuels entre des petits groupes d'employés, comme un 5 à 5 et demi pour se raconter les moments forts des derniers jours ou pour discuter de projets à venir
  16. penser au fonctionnement souhaité et créer votre guide du télétravail (à suivre dans le prochain billet).
Et vous, quelles sont vos idées pour aider à passer ce moment très inhabituel?

Pour voir tous les textes de la série "Pandémie" cliquer ici.

mardi 17 mars 2020

17 liens utiles pour les employeurs - COVID-19

Mis à jour le 31 mars 2020

Depuis le début de la pandémie, nous sommes bombardés d'informations. Je vous résume ici les liens qui me semblent les plus utiles pour les petites organisations.

Cette page sera mise à jour régulièrement tant que la situation évoluera rapidement.

Soutien aux entreprises et choix pour réorganiser le travail
Toutes les mesures des gouvernements pour les entreprises et les personnes
Guides et bonnes pratiques
Télétravail
Formations et autres informations

jeudi 12 mars 2020

6 étapes pour avoir un bon plan - Coronavirus / COVID 19

Voici 5 étapes pour aider une petite organisation à préparer son plan de prévention / intervention / contingence face à une pandémie.

6 étapes pour bien réagir
1- Réunir un petit comité de deux personnes ou plus. Il y aura au moins une personne-ressource, une personne crédible auprès de tous les employés. Et au moins l'un des membres du comité proviendra de la haute direction ou sera en lien direct avec eux.

2-  Réfléchir en comité aux questions suivantes :
  • L'organisation doit-elle rester ouverte? Quels sont les "services essentiels"?
  • Qui sont les personnes clés pour assurer ces services et comment peut-on réduire le nombre de personnes présentes au travail?
  • Y a-t-il des employés qui sont à risque (ex. personnes âgées ou immunodéprimées) ou dont les proches le seraient?
  • Comment les membres de la direction peuvent montrer l'exemple?
  • Des employés voyagent-ils en transport en commun? Peut-on changer les horaires pour réduire la fréquentation durant les heures de pointe? Planifier du covoiturage?
  • Y a-t-il des employés dont la famille est à l'étranger? 
  • Les clients demandent-ils de connaître votre plan de contingence? 
  • Des voyages, évènements, formations et autres rassemblements sont-ils prévus bientôt? Peuvent-ils être faits à distance ou reportés? 
  • Quels postes et quelles tâches sont compatibles avec le télétravail? 
  • Le ou les responsables des TI sont-ils équipés pour répondre à une hausse du télétravail et des vidéoconférences? Les forfaits de données suivront-ils pour les employés?
  • Comment faire fonctionner l'organisation si 15, 30 ou 50% des employés s'absentent, préventivement ou parce qu'ils sont touchés par le virus, eux ou un de leurs proches?
  • En attendant que le gouvernement statue sur les salaires des absents, quelle sera la politique?
  • Quelles seront les mesures de sensibilisation, de prévention et de correction? Comment les fait-on connaître et appliquer?
  • Et toute autre question qui apparaît pertinente selon les questions des employés ou de la direction, l'actualité ou le contexte de l'organisation...
3- Discuter avec des collègues d'autres organisations et lire des sources fiables pour être outillés (comme les textes indiqués plus bas). En sortir les éléments pertinents aux questions et cas établis au point 2.

4- Décider d'une ligne de conduite qui répondra aux situations les plus probables, rassurera les employés et empêchera les abus. On veut également réduire les dérapages possibles, par exemple, une équipe paniquée par la toux d'un collègue, ou une équipe insouciante envers un employé immunodéprimé.

5- Présenter un résumé des décisions aux responsables ou à tous les employés, si possible en équipe et avec un support écrit. La personne-ressource sensibilisera les employés et gestionnaires avec des informations fiables pour lutter contre les rumeurs et les craintes exagérées. Elle se tiendra ensuite disponible pour aider à répondre aux questions et résoudre des cas qui surviendraient. Elle sera également en charge de suivre l'actualité et le climat de l'organisation pour pouvoir réagir rapidement.

6- Réviser et adapter le fonctionnement à mesure de l'avancement de la situation. Nous vivons un moment unique de notre histoire récente, il est normal d'être déstabilisé, inquiet ou un peu sceptique. L'objectif est de garder l'esprit ouvert, de bien s'informer et de s'adapter rapidement.

Pour voir toute la série sur la pandémie, cliquer ici.

Textes utiles pour créer le plan
L'excellent guide de l'Ordre des CRHA
Guide de bonnes pratiques de la Fédération des chambres de commerces du Québec
Le coronavirus, obligations des employeurs et des employés
En isolement préventif contre le coronavirus, qui va payer le salaire?

Autres textes de sensibilisation
À quel point le virus est-il dangereux ?
Qui sont les personnes les plus touchées par le COVID-19?
Les gels désinfectants ne servent à rien (contre les virus)
Le port d’un masque de protection est inutile pour se protéger

Mis à jour le 17 mars

Les mesures du gouvernement pour le coronavirus / COVID-19

Pour voir les mesures les plus importantes pour les PME, voir mon texte le plus à jour ici.

On ne parle que de lui, que ce soit au travail, en famille ou entre amis. Le coronavirus - maintenant appelé COVID-19 - semble en voie de contaminer la planète entière...

Dur de savoir que faire dans une situation complètement nouvelle pour notre société. Le gouvernement québécois a décidé de trancher et a annoncé le 12 mars une série de mesures pour ralentir la propagation. Celles-ci auront de gros impacts sur l'ensemble des citoyens, voici quelques uns des éléments qui concernent les entreprises.

Isolement préventif de 14 jours
Les personnes qui reviennent de tout pays étranger devront se placer en isolement pour 14 jours. Cette mesure est obligatoire pour les employés de l'État, de la santé, des garderies et de l'éducation et fortement suggérée pour les autres. Les employés de l'État continueront de toucher leur salaire pendant leur période de quarantaine. On demande aux employeurs du secteur privé pour faire de même, dans la mesure du possible. À ce sujet, le premier ministre Legault a dit qu'ils vont "annoncer des mesures financières pour compenser..." dans les prochains jours.

Chômage
Le gouvernement fédéral a annoncé qu'il suspend la semaine de carence pour les demandes de chômages liées au COVID-19. Détails à venir...

Voyages à l'étranger
Il est maintenant interdit aux employés de la fonction publique de faire des voyages d’affaires à l’étranger et fortement suggéré aux autres employeurs de réduire ou annuler les voyages de leurs employés.

Télétravail
Il est fortement suggéré à toutes les personnes qui peuvent le faire de fonctionner en télétravail pour ralentir la propagation de la maladie. Les utilisateurs des réseaux de transport en commun sont également invités à les prendre en dehors des heures de pointe. On s'attend donc à ce que les employeurs assouplissent leur gestion d'horaire et facilitent le télétravail.

Regroupements
Le gouvernement demande de ne pas tenir de rassemblement intérieur de plus de 250 personnes et, de façon plus large, tout évènement qui n'est pas absolument nécessaire. Annoncée le 12 mars 2020, cette mesure est en vigueur pour 30 jours. Ceci ne s'applique pas aux transports en commun et autres services essentiels.

Cette mesure implique que plusieurs colloques, spectacles, salons de l'emploi, etc. seront annulés, et possiblement des formations, rencontres et autres activités de plus petite envergure. Les activités qui se tiendront quand même auront probablement un faible achalandage en raison de ces directives. D'autres remplaceront au moins en partie les déplacements par des vidéoconférences.

Autres éléments - à jour au 16 mars
À titre préventif, les écoles et services de garde seront fermés jusqu'au 27 mars. Les endroits comme les salles de spectacles, les centres de sport ou de ski, les cabanes à sucre, etc. doivent fermer également pour deux semaines. Les personnes de 70 ans et plus doivent avoir le moins de contacts possible avec les autres. On demande à tous de réduire au maximum les déplacements et les rencontres, ce qui devrait normalement inciter les employeurs à fermer temporairement ou à encourager fortement le télétravail.

Les impacts sont grands et le seront encore plus si votre entreprise a pignon sur rue ou concerne, entre autres, l'industrie touristique ou évènementielle, la santé, l'éducation ou les personnes âgées, ou tout autre service se donnant à un groupe de personnes. Il y aura également beaucoup d'impacts indirects : malaises ou absences lors des rencontres de groupe, augmentation de la consommation de la bande passante, retards ou abandons de projets, etc. Espérons que cette situation s'améliorera le plus rapidement possible.

Pour voir tous les textes de la série "Pandémie" cliquer ici.

Autres textes
Fil d'information officiel du gouvernement du Québec
François Legault annonce une série de mesures drastiques
Site internet du gouvernement du Québec
Actualité : les derniers développements

Mis à jour le 16 mars 2020 à 16h30

mercredi 20 novembre 2019

La génération qui n'a pas peur de changer d'emploi...

Voici deux cas vécus pour illustrer un gros changement générationnel au niveau de l'emploi.

Témoignage dans un groupe Facebook
J'ai quitté un emploi très bien rémunéré avec fond de pension et autres avantages financiers pour me lancer dans le vide et je suis tellement sereine face à cette décision! 
Climat de travail toxique, routine quotidienne infernale, absence de reconnaissance, jeux de pouvoir malsains, sur appel soirs et fins de semaine... T-E-R-M-I-N-É!

Entendu lors d'un congrès RH
Un des nouveaux employés est venu me voir. Il me dit que le job est correct mais qu'il s'en va parce qu'il ne se... "réalise pas". Wow... 
Alors je lui ai dit, ok, qui est-ce qui t'offre un meilleur poste? Et là il m'a répondu... qu'il n'avait pas reçu d'offres! Le gars quitte un job à 55 000$ pour s'en aller nulle part!!

On le sentait un peu en état de choc : lâcher un bon emploi rémunérateur et sûr pour se lancer dans le vide lui semblait inimaginable.

Ce type de croyance est répandu et peut avoir des effets pervers. Certains se disent les employés sont très bien payés, qu'ils endurent les mauvaises conditions/climat de travail, de toute façon on n'a pas le contrôle là-dessus...

Une récession pour calmer le jeu?
J'ai même entendu des employeurs en venir à souhaiter une récession! Si ça arrivait, peut-être que ça calmerait un peu la croissance d'un marché du travail en surchauffe. Mais comme la démographie entraîne plus de départs que d'arrivées, et ce pour encore plusieurs années, mathématiquement on ne peut juste pas espérer que ça soit plus facile de sitôt.

Retour à la base...
Si un employeur pense qu'il a peu ou pas le contrôle dans la fidélisation, ou qu'il espère la récession pour régler ses difficultés de recrutement, pendant ce temps il ne s'ajuste pas à la situation. On revient alors à la base : que ça nous plaise ou non, les employés sont fidèles quand ils se sentent appréciés et traités comme un des éléments les plus importants d'une organisation, quand ils se sentent bien au travail, ou au moins pas trop mal! Tout le reste en découle...

Quand les fraises deviennent hors de prix ou introuvables, on peut blâmer la Californie, on peut payer de plus en plus cher, ou bien chercher des bleuets... Qui ne se trouvent peut-être pas au même endroit que les fraises!

mercredi 3 avril 2019

Promotion : fait-elle baisser la performance?

Comme prévu, je vous ferai une suggestion de lecture chaque mois. Ce mois-ci, l'intéressant article d'Olivier Schmouker : La performance d'un employé baisse-t-elle après une promotion?

En gros, une étude a été faite auprès de joueurs de soccer, pour voir si la signature du nouveau contrat avait influencé leur performance. Est-ce que ça augmentait leur motivation et leurs performances? Ou leurs performances allaient baisser, sachant que leur nouvelles conditions étaient assurées pour quelques années?

Eh bien, ça dépend de la position dans l'équipe de soccer. Pour en savoir plus, je vous invite à lire l'article complet en ligne ici.

mercredi 27 mars 2019

5 trucs pour une meilleure communication

Un employeur m'a récemment parlé d'un de ses employés, appelons-le Jean.

Immigrant récent, Jean a démissionné parce qu'il n'arrivait pas à comprendre ses collègues - littéralement ...

Jean a avoué qu'il ne comprenait pas la plupart de ses collègues à moins qu'ils parlent lentement. Il lui a dit : « Lorsqu'ils parlent, c'est comme du chinois pour moi... »
De l'autre côté, ses collègues n'avaient pas une très bonne opinion de lui, ils avaient l'impression que Jean ne voulait pas leur répondre ou qu'il ne comprenait rien, ce qui était le cas finalement!

Rappelons que nous baignons dans notre culture nord-américaine, qui nous encourage à poser des questions et à être plutôt honnêtes quand on n'a pas compris quelque chose. Autrement dit, nous trouvons tout à fait normal de dire « Je n'ai pas compris...»

Dans la majorité du reste du monde, c'est plus compliqué que ça! Dire « Je n'ai pas compris », c'est accuser notre interlocuteur d'avoir échoué dans sa communication et ça peut être très mal vu. Le respect de la hiérarchie se vit autrement. Ça nous paraît étrange, en même temps, nos coutumes directes leur semblent très étranges, et passeraient pour un manque total de respect dans leur culture.

Même les plus jeunes peuvent avoir de la difficulté à bien comprendre les demandes des employés plus vieux. Une différence de culture entraîne toujours des défis de communication.

Comment éviter ça?
Lorsqu'un superviseur ou une équipe trouve qu'un employé d'une autre culture (ex. immigrant, jeune dans une équipe plus âgée) ne travaille pas bien, semble ne pas comprendre ou ne pas vouloir collaborer :
  1. Au lieu de demander s'il a bien compris, demander plutôt « Peux-tu me résumer (les étapes/le travail) pour voir si tout est clair? »
  2. Ou encore « Peux-tu me dire dans tes mots (les étapes/le travail) pour être sûr que j'ai bien expliqué? »
  3. Prévoir des activités pour que ses membres se parlent et apprennent à mieux se connaître : petites réunions de travail, activités de consolidation d'équipe, jeux, 5 à 7, etc.
  4. Dans les cas où la compréhension est un problème important ou récurrent, nommer un parrain ou une marraine qui prendra le temps d'expliquer, qui pourra au besoin parler lentement et valider la compréhension
  5. Expliquer les différences culturelles aux membres du groupe et les inviter à utiliser ces trucs de communication.
En passant, la plupart de ces points sont bons partout, même en dehors du travail!

mercredi 6 juin 2018

Savon, anguille ou T-fal, par RH brutes

Un peu d'humour RH brutes aujourd'hui. *

Sylvain est un chef d’équipe que ses collègues surnomment (pas) affectueusement l’anguille tellement il réussit à se faufiler lorsqu’il fait une erreur. Toujours présent lorsque ça va bien, on n’arrive pas à lui coller rien sur le dos lorsque ça va moins bien. De mon côté je l’appelle T-fal, parce que rien n'arrive à coller sur lui. Line, sa supérieure immédiate, le compare à un savon, probablement parce que les anguilles gluantes, ça l’écoeure un peu. Mais bon, vous avez l’idée générale...

J’ai fini par trouver quelques trucs pour coacher Line : agir rapidement, documenter, mettre les autres en CC dans les communications... Par exemple, la dernière fois qu'il y a eu beaucoup plus d’absences dans son équipe que dans les autres, Line est allée le voir tout de suite. Devant son déni qu'il y avait un problème, elle a envoyé un courriel avec CC aux RH (moi) et au patron avec seulement des faits, documentés, calculés.

Devant les arguments « savonneux » de ses réponses, j'ai osé (le mot est de lui) demander des faits et des exemples concrets pour appuyer ses excuses arguments. Il a fini par se fâcher mais ça ne nous fait plus d’effet. S’il se fâche... c’est qu’il est à cours de savon! Et Line et moi on est en train de développer notre côté T-fal nous aussi…

* RH brutes est mon alter ego plus sombre,  le ton est plus mordant ou moins sérieux que dans mes billets habituels. Pour plus d'information, voir ce billet explicatif.

mercredi 16 mai 2018

10 suggestions pour l'été qui s'en vient... - 2e partie


Mon ordre professionnel a eu la bonne idée de créer une "trousse estivale" pour parler de différents aspects de gestion durant la belle saison, depuis le code vestimentaire jusqu'aux horaires d'été. Je me suis inspirée de leur liste, à laquelle j'ajoute mes suggestions pour mieux vous préparer à l'été qui arrive... dans cinq semaines!

6- Activités estivales
Atelier de "popsicle", party de vélo ou BBQ plus traditionnel, l'été est un moment privilégié pour organiser une ou plusieurs activités qui renforcent le sentiment d'appartenance. Voyez quelques idées sur mon blogue ici. En prime, les activités les plus "flyées" contribuent à rehausser la marque employeur et facilitent le recrutement en marquant l'imagination des candidats.

7- Absentéisme
Révisez vos stratégies pour augmenter la présence et testez-en l'efficacité durant les beaux vendredis d'été... Voyez quelques idées sur mon blogue à ce sujet.

8- Engagement
Deux des périodes où les employés sont le moins motivés sont avant les vacances, ou au retour de celles-ci. Avant les vacances, les employés sont fatigués et moins enthousiastes, tandis qu’au retour, ils ont pris du recul et peuvent remettre en question leur emploi chez vous. Comment garder l'engagement élevé pour éviter des départs d'employés à l'automne? Il n’y a aucune recette magique, mais ces deux textes vous donneront des pistes de réflexion pour y arriver : texte 1 : engagement et motivation et texte 2 : 5 idées pour fidéliser les employés.

9- Rendement
Le rendement peut diminuer en été, tandis que certains auront l'impression d'être plus productifs en étant moins interrompus. Finalement, plusieurs entreprises en profitent pour planifier ou effectuer les évaluations avant ou après les vacances d'été. Bref, l'été a souvent un impact sur le rendement qui demeure à surveiller. Voyez ici la liste de mes textes sur le rendement.

10- Bien-être au travail
Plusieurs des points mentionnés ici visent à améliorer le bien-être au travail des employés, et celui-ci est souvent lié au rendement de l'entreprise, surtout à long terme. La pause d'été est un bon moment pour réfléchir et voir quels changements apporter. Un bon début peut être d'aider les gestionnaires à mieux intégrer le bien-être au travail dans tous les processus et objectifs de l'organisation.

mercredi 11 avril 2018

Employés âgés : comment faire la transition ?

Nous avons vu il y a deux semaines que ce n'était pas une bonne idée de terminer les employés âgés de façon rapide, et la semaine dernière les avantages à tenter de les garder le plus longtemps possible au sein de l'entreprise.

Aujourd'hui dans ce troisième et dernier texte, nous verrons comment faciliter la transition lorsque l'employé désire prendre sa retraite de façon graduelle, ou lorsque l'employeur constate que l'employé âgé est moins heureux dans son poste et aimerait lui offrir de meilleures conditions qui l'amèneront peu à peu vers une retraite bien méritée.

L'employé veut partir, mais pas tout de suite? Des questions à poser...
Un employeur m'a déjà appelé pour planifier la retraite d'un employé, alors qu'il n'en avait jamais parlé à l'employé en question! La première étape est donc... d'en parler avec l'employé.
  • Comment voit-il son éventuel départ? 
  • Dans combien de temps aimerait-il partir? 
  • Est-il intéressé à former sa relève? 
  • Aimerait-il réduire le nombre d'heures, de jours de travail, prendre des congés sans solde?
  • Comment voit-il l'aménagement des tâches s'il donne de la formation, s'il réduit sa présence?
  • Est-il conscient de ce que ça demande à l'employeur et comment peut-il aider à réduire les impacts des aménagements offerts? Ex. réduction des heures, embauche d'une relève, etc.
Le but de faire le tour de ces sujets, c'est d'arriver à un plan qui conviendra à tous, à le mettre par écrit et en faire une sorte de contrat moral avec l'employé.

L'employé ne veut pas partir? Se mettre à la place de l'employé
À la suite de cette discussion, l'employé vous dit qu'il ne veut rien changer. Première étape, bien se convaincre qu'il ne le fait pas seulement pour embêter son employeur... Il faut plutôt trouver quelles sont ses motivations : tant que les avantages de continuer à travailler sont plus grands que ceux de partir à la retraite, l'employé voudra rester. Pour faire basculer ces motivations, voici quelques moyens à explorer :
  • offrir les services d'un conseiller de planification financière qui évaluera sa situation personnelle et lui indiquera les montants qu'il peut espérer des différents montants (pension, REER, etc.) auxquels il a droit
  • trouver des alliés : j'ai déjà vu une entreprise collaborer avec l'épouse d'un travailleur pour l'aider à faire la transition...
  • offrir des avantages en temps ou en argent : congés ou vacances supplémentaires, horaire plus flexible, bonis de préretraite, contribution supplémentaire au REER ou fonds de pension
  • offrir des avantages monétaires ou symboliques : carte cadeau, iPad pour usage personnel, sorties, participation à des congrès
  • offrir des avantages à ceux qui forment la relève : bonis de formateur, reconnaissance par le groupe d'un statut de "sage" ou de formateur de la relève
  • offrir de libérer du temps et soutenir l'employé pour qu'il puisse faire du bénévolat
  • payer des cours, des ateliers ou un coach "hors travail", afin d'aider l'employé à envisager une vie intéressante en dehors de son travail actuel. On peut même envisager d'offrir une formation pour une deuxième carrière...
À long terme
Afin de faciliter la transition des futurs retraités, l'employeur gagne à adopter ces pratiques :
  • bonifier la participation de l'employé aux fonds de retraite, même si c'était un petit montant, ça a souvent un gros impact
  • augmenter les connaissances financières des employés : formation, documentation, explications, etc. pour valoriser l'épargne et de saines habitudes financières en général
  • offrir des avantages symboliques à ceux qui adoptent de bonnes habitudes financières (ex. participer au fond de pension) : stationnement près de la porte, carte-cadeau ou de cinéma, tirage d'un prix
  • prendre le temps de discuter avec les employés de leurs projets de retraite, leurs rêves ou projets à long terme et trouver des moyens de les encourager.
Pour aller plus loin
How Can You Transition Older Workers if You Can’t Force Them to Retire?
Comment appuyer et maintenir en poste une main-d'oeuvre intergénérationnelle
Les travailleurs plus âgés: une solution à la rareté de la main-d’œuvre?

mercredi 4 avril 2018

17 avantages des employés âgés pour l'entreprise

Nous avons vu dans le texte précédent pourquoi ce n'était pas une bonne idée de congédier un employé en raison de son âge.

Aujourd'hui, voyons les les avantages de les garder le plus longtemps possible dans l'entreprise.

Diversité!
Bien que ce ne soit pas exclusif aux employés âgés, les avantages de la diversité en entreprise sont tellement grands qu'il vaut la peine de rappeler les principaux ici :
  1. Meilleure compréhension du marché, des clients, du contexte.
  2. Plus grande facilité à recruter et à fidéliser.
  3. Moins d'absentéisme, plus de motivation.
  4. Développement plus rapide.
  5. Rentabilité supérieure : jusqu'à 35% plus!
Avantages généraux
  1. Les employés âgés sont efficaces : la plupart des gens très expérimentés ont développé une "plus grosse boîte à outils" et savent mieux s'en servir. Ils font donc moins d'erreurs, sont souvent plus rapides et s'en sortent mieux devant les situations imprévisibles ou rares.
  2. Ils sont généralement mieux perçus par les clients, les partenaires et les employés : que ce soit pour vendre, négocier, gérer des conflits, les "cheveux gris" ont un avantage psychologique certain. 
  3. Ils gèrent mieux les aspects "humains" : en raison de leur plus grande expérience de vie, ils peuvent être de meilleurs gestionnaires et rattraper des situations difficiles, par exemple apaiser un client insatisfait, empêcher des conflits, etc. 
  4. Plusieurs sont de bons formateurs : leur expérience de vie et du travail leur donnent un bon bagage pour former les autres, s'ils ont les habiletés nécessaires.
  5. Ils sont autonomes : leur maturité et leur expérience les rendent plus aptes à travailler sans aide, à trouver par eux-mêmes des solutions, etc. Il y a peut-être également un aspect générationnel : plusieurs "Boomers" ont reçu une éducation où il fallait se débrouiller seul.
  6. Ils ont plus de synthèse et de vision d'ensemble : la maturité favorise cette habileté, et peut-être une éducation plus "linéaire" reçue avant l'arrivée des technologies.
  7. Ils adoptent plus facilement une perspective à long terme - et personnellement je pense qu'on est dans une époque qui en manque cruellement!
  8. Ils sont de bon conseil : pour toutes les raisons précédentes, ils aident à prendre de meilleures décisions.
Avantages financiers directs pour l'entreprise
  1. Les employés âgés sont souvent plus présents ou disponibles : plusieurs employés âgés ont moins de contraintes familiales, sont plus enclins à être disponibles en dehors des heures habituelles, sont moins absents et prennent moins de congés à long terme.
  2. Ils sont moins courtisés par les autres entreprises : leurs salaires et avantages sont parfois plus élevés, et les employeurs en général ont tendance à sous-estimer les avantages des travailleurs âgés. 
  3. Ils sont plus faciles à attirer : leur taux de chômage étant un peu plus élevé que celui d'autres catégories d'employés expérimentés, ils forment un bassin plus grand de gens disponibles.
  4. Ils sont fidèles et souhaitent de la stabilité : en partie à cause du taux de chômage plus élevé, mais aussi de valeurs de loyauté plus élevées. Approchant de la retraite et parfois bénéficiant de nombreux avantages liés à leur ancienneté, ils ont également moins d'intérêt d'aller voir ailleurs.
Même si les employés âgés ne partagent pas toutes ces caractéristiques, la plupart ont un bagage intéressant qu'il ne faut pas sous-estimer. Nous verrons la semaine prochaine comment favoriser le maintien en emploi, et la transition vers la retraite lorsqu'elle est envisagée.

mercredi 28 mars 2018

Des employés âgés qui ne veulent pas partir ?


De nombreux employés âgés souhaitent continuer à travailler, parfois même s'ils ont le droit de prendre leur retraite. Certains continuent, le plus souvent pour ces raisons :
  • ils considèrent leurs revenus insuffisants ou veulent profiter de revenus supplémentaires;
  • ils trouvent une grande valorisation au travail ou s'ennuieraient trop s'ils ne travaillaient pas;
  • ils sentent mieux en travaillant ou ne se sentent pas bien quand ils restent à la maison.
Nombreux sont les nouveaux retraités qui tombent malades, divorcent ou se sentent moins bien dans les mois suivants leur retraite. Plusieurs études ont montré que le travail contribue à une bonne forme physique et mentale, et parfois à la bonne entente familiale. Même si des milliers de travailleurs attendent leur retraite avec impatience, d'autres veulent travailler le plus longtemps possible.

Tant que l'employé et l'employeur y trouvent leur compte, ça ne pose pas de problème. Toutefois, lorsque l'employeur sent une baisse des capacités de la part de son employé âgé, il peut être tenté de pousser l'employé vers la sortie, en douceur ou pas. C'est rarement une bonne idée de le faire sans avoir des raisons valables, et même là, il faut le faire de la bonne manière. Voici pourquoi...

Effet sur les autres employés
Lorsqu'on cherche à terminer un emploi, l'entreprise doit être consciente du message envoyé aux autres employés : si la fin d'emploi est mal faite, pour des raisons cachées ou discutables, les autres employés le prennent comme un manque de respect, surtout s'ils s'identifient à l'employé remercié et que celui-ci a été dévoué envers l'organisation. Jean-Paul est tellement fin et dévoué, comment peuvent-ils lui faire ça... Et comment ça va se passer quand ils vont trouver que je vais pas assez vite?

Image de l'entreprise
Si on pousse un employé âgé à quitter, directement ou non, on peut donner l'image d'une culture de rentabilité à tout prix, de vouloir tasser les gens d'expérience parce qu'ils gagnent trop cher, etc. Et cette image peut parfois sortir de l'entreprise, avec la famille, les amis, etc. Les gens plus âgés ont parfois de plus grands réseaux et ne sont pas tous mal pris avec les réseaux sociaux. Johanne est peut-être pas jeune, mais elle a toujours travaillé là. Pas question d'acheter chez (compagnie) si elle est pu là!

Risque de poursuite 
Finalement, congédier un employé pour seule raison de l'âge est une pratique interdite (article 122.1) qui peut valoir une plainte avec la CNESST.

Bien sûr, la plupart des entreprises ne veulent pas mal paraître ou nuire à un employé qui a donné beaucoup à l'organisation pendant longtemps. De l'autre côté, il arrive qu'un employé s'accroche alors qu'il n'a plus la forme physique ou mentale pour effectuer correctement le travail. Dans le prochain billet, nous verrons pourquoi l'entreprise gagne à être souple et maintenir le plus longtemps possible les employés plus âgés à son emploi, et dans le troisième, comment favoriser la transition des employés âgés lorsque l'employé et l'employeur souhaitent un départ à la retraite en douceur.

mercredi 21 mars 2018

Comment baisser un salaire... par RH brutes

Un peu d'humour RH brutes aujourd'hui. *
Quelqu'un à qui on annonce une baisse de salaire...

En RH, on apprend vite à ne jamais - JAMAIS! - réduire un salaire à moins de :
  1. vouloir pousser quelqu'un à la porte
  2. mettre le trouble
  3. n'avoir aucune autre option
Le point 3, on ne parle pas vraiment de réagir à des performances ou ventes décevantes (individuelles ou collectives), on parle que ça va tellement mal que c'est ça ou congédier la moitié des gens, ça ou fermer l'entreprise.

Si on a une bonne raison de le faire, on doit expliquer en long et en large et faire promettre au patron de ne pas arriver le lendemain dans sa nouvelle auto à 100 000$ - histoire vécue!

Ok, des fois on peut avoir des raisons individuelles genre... un bug informatique ou la Directrice qui veut redevenir vendeuse sur la route... D'autres fois c'est plus nébuleux, et donc plus dangereux.

Dans tous les cas, il faut faire des choix, être prêt à négocier, à perdre l'employé, compenser, et surtout, trouver un moyen pour que l’employé puisse "sauver la face".

Pire scénario
Voici une histoire vécue dans le genre "à ne pas faire"... Un ami a vu ceci dans son entreprise : Rémi, gestionnaire nouvellement nommé, ne s’entend pas très bien avec Jeanne, une chef d’équipe. Pour montrer leur appui au nouveau gestionnaire, la direction a dit à Jeanne :
"On est désolé, mais avec la nouvelle structure, va falloir que tu retournes à ton ancien poste. Le salaire ? Ben il va revenir comme avant... pourquoi ?"
S’ils n’avaient pas touché au salaire et avaient pris plus de temps pour en jaser, ça aurait peut-être passé - difficilement. Étant là depuis 16 ans, elle n’a pas démissionné, mais pour le reste, bonjour la motivation!

Le pire? Le nouveau gestionnaire ne faisait pas l’affaire, crise interne, démission, retour à la case départ. Ils ont demandé à Jeanne de redevenir chef d'équipe. Elle a dit qu'elle allait y penser, à condition de doubler son salaire et que le directeur vienne s'excuser. À genoux.  Devant tout le monde...

* RH brutes est mon alter ego plus sombre,  le ton est plus mordant ou moins sérieux que dans mes billets habituels. Pour plus d'information, voir ce billet explicatif.

mercredi 29 novembre 2017

Cas d'entreprise : changement - Congrès RH no 3

Voici la suite des meilleurs moments que j'ai passés au congrès RH fin septembre. Voici les éléments qui m'ont inspirée durant la conférence de Jérôme Caron de chez Meubles South Shore.

Tout un changement!
Il y a 12 ans environ, le secteur du meuble a été frappé de plein fouet par les importations asiatiques, le dollar US au pair, puis la crise immobilière aux États-Unis. Meubles South Shore a alors décidé de passer au web, ce qui était très innovateur au début des années 2000.

En gros, ils sont passés de : la vente en gros volume, via des commandes placées 6 mois d'avance, de quelques produits principaux à des clients revendeurs, ex. Sears...   à la vente de milliers de produits différents, via le web, livrés en quelques jours directement chez le client final. Tout un changement de modèle d'affaires !

Culture et valeurs comme moteurs
Le changement a été possible parce que tout est basé sur les valeurs et la culture, qu'ils ont utilisées pour faire ce virage à 180 degrés. M. Caron définit joliment la culture d'une entreprise : c'est ce qui se bâtit avec le temps, avec l'ensemble de la façon d'appliquer les valeurs au quotidien. Le Président en est le gardien, l'ambassadeur. Ces valeurs sont utilisées concrètement, partout dans l'entreprise.

Par exemple, ils ont trouvé qu'il était relativement facile d'intégrer rapidement les employés, qu'ils soient nés ici ou ailleurs, tant qu'ils possèdent un "fit" avec les valeurs de l'entreprise.

Trois exemples d'innovation au quotidien
Tous les employés sont impliqués : ils ont même un montant disponible pour tout employé qui voudrait tester une idée, un nouveau fonctionnement. Ils ont également créé une "consommatrice virtuelle", appelée Sarah, à qui ils ont donné une personnalité.

Jérôme donne des exemples sur l'utilité de Sarah au quotidien. Elle donne un sens au travail des employés et les aide à s'améliorer. Au lieu de dire "Ce meuble n'est pas réussi", un superviseur pourra demander : "Sarah, comment elle le trouverait, ton meuble?" Souvent, l'employé répondra quelque chose comme "Ouin, c'est sûr que je pourrais faire mieux que ça pour Sarah..." et ça fonctionne !

Les chaises rouges sont partout !
Dans les pièces où se tiennent des réunions, il y a toujours une chaise rouge. À chaque réunion, un des participants s'y assoit afin de représenter Sarah dans les discussions, par exemple : "Je pense que Sarah aimerait qu'on simplifie le processus de commande..."

Le brin de folie !
La culture de l'entreprise encourage la créativité et même un brin de folie. M. Caron termine par l'anecdote d'une employée qui, un jour, a apporté une poule dans le bureau du président afin de lui jouer un tour.

Pas mal pour une entreprise traditionnelle qui vendait à Sears 6 mois d'avance...

Pour en savoir plus sur Meubles South Shore
Article du Journal les Affaires