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jeudi 20 octobre 2011

Profiter ou payer pour un congé - 3 de 3

Voici la suite et fin de notre série sur la difficulté à prendre des congés et à en profiter, voir le billet no 1 et billet no 2 à ce sujet. Nous y avons vu les symptômes et les causes courantes de cette incapacité à s'arrêter, et voici maintenant quelques outils pour faire face à ce problème.

Causes externes
Les tâches mal définies, le manque de ressources et la valorisation de la présence au travail sont des éléments sur lesquels on a souvent peu de contrôle. Il n'y a pas de recette magique, mais en gros on peut commencer par demander à son patron ou aux ressources humaines de clarifier nos tâches, priorités et ressources. La partie la plus difficile est de réaliser que la direction de l'entreprise est responsable à cet égard et que ce n'est pas un signe de faiblesse que de vouloir de la cohérence et un rythme de vie équilibré. Toutefois, il faut également être prêt à reconnaître que parfois, il n'y a pas de correspondance entre soi et l'entreprise. Par exemple, si la culture de notre entreprise est de travailler 60 heures par semaine et qu'on vit mal avec ça, il est souvent plus simple de chercher ailleurs que de ramer à contre-courant. En résumé :
  • Clarifier les tâches et les attentes de l'organisation
  • Mettre par écrit les tâches et le nombre d'heures requis pour les réaliser
  • Quand ces 2 points ne concordent pas, discuter des priorités avec les responsables
  • Observer les autres, établir nos valeurs/priorités de vie et valider si on correspond bien à la culture d'entreprise
Manque d'estime de soi
Les autres causes sont généralement liées à ce point. De la peur d'être remplacé au perfectionnisme, en passant par la difficulté à dire non, on travaille souvent pour se valoriser, pour montrer qu'on est bon et indispensable, bref, pour se faire aimer. Pourtant, les gens équilibrés dans leur vie personnelle/travail sont souvent très respectés par leurs clients et collègues. Peut-être parce que la société valorise la quantité plutôt que la qualité jusqu'à présent, on essaie de calculer et montrer notre valeur par le nombre d'heures, de projets ou de dollars. La peur du vide est également quelque chose d'assez sournois, qui peut permettre de dire non plus facilement à des demandes qui nous tentent moins, genre "je dois refuser, tu comprends, je suis tellement débordée ! Elle peut aussi nous fait craindre l'espèce de retour du balancier qu'on vit quand on prend un pause lorsque le cerveau, habitué à rouler à 100 à l'heure ne sait plus quoi faire une fois arrêté un peu étourdi au bord de la route.

Comment s'en sortir ?
  • Le plus efficace - Développer et prioriser d'autres sources de valorisation et d'intérêt en dehors du travail : loisirs, famille, etc.
  • Y consacrer un minimum de temps prévu d'avance et dont la plage horaire est aussi sacrée qu'une période de travail importante
  • Admettre sa part de responsabilité dans ce manque d'équilibre, sans culpabiliser 
  • Demander à ses proches (collègues, famille, etc.) d'aider à développer un équilibre. Ex :  les collègues avertissent qu'il est temps d'arrêter, le conjoint nous "interdit" de travailler le soir...
  • Mettre par écrit les objectifs prioritaires afin de savoir quand dire non aux nouvelles demandes
  • Apprendre à dire non en commençant par de petites choses pour prendre confiance en soi
  • Se rappeler que les "urgences nationales" sont souvent peu urgentes lorsqu'on les observe avec du recul et que les vraies urgences sont très rares
  • "Éduquer" ses clients, collègues, etc. en leur expliquant comment on va bien les servir sans nécessairement leur répondre la nuit, la fin de semaine ou durant ses vacances.
De mon côté, mes collègues et clients sont habitués à ce que je prenne des vacances de façon régulière, durant lesquelles les urgences sont traitées par des collègues de confiance. Ceci me permet de décrocher complètement durant les vacances. Par contre, j'avoue avoir de la difficulté à dire non, à ne pas trop en faire en partant et revenant de mes congés, et je cherche comment équilibrer mes multiples projets sans trop couper dans le sommeil et les temps personnels.

Autres trucs utiles 
  • Réserver des périodes chaque jour, semaine, mois et année pour faire des activités hors travail, où tous les éléments en rapport avec le travail seront fermés (cellulaire, dossiers, etc.)
  • Faire un petit rituel journalier afin de séparer nettement les temps de travail et hors travail (ex. se changer en arrivant, fermer le cellulaire le soir, couper l'internet après 18h...)
  • Utiliser les redirections d'appel et ne donner le numéro de cellulaire que pour les vraies urgences, ou avoir un cellulaire personnel et un pour les affaires
  • Tester différentes activités : loisirs, en famille, repos, voyages, sport, méditation, etc. jusqu'à ce que vous trouviez un ensemble d'activités assez attrayantes pour motiver plus facilement de leur réserver une place incontournable dans votre agenda.
J'ai travaillé fort pour produire ce billet un peu plus personnel, j'espère avoir vos commentaires si le contenu vous semble utile, et vos trucs pour mieux profiter de vos congés et temps libres.

Révisé le 15 octobre 2015

jeudi 13 octobre 2011

Profiter ou payer pour un congé - 2 de 3

De retour d'un beau congé, je travaille fort depuis mardi pour rattraper la journée de congé et prendre de l'avance avant le congrès de la semaine prochaine. Je trouve ces moments intenses un peu plus difficiles qu'avant (pas drôle de vieillir !) ce qui m'a amenée à faire cette réflexion sur le sujet en trois billets (voir le billet no 1 ici et billet no 3 ici).

Trop occupé pour innover ?
Je ne suis pas seule : plusieurs collègues et gestionnaires autour de moi trouvent difficile de s'arrêter pour un congé ou même une pause de quelques heures. Les statistiques montrent aussi une baisse régulière du nombre de jours de vacances chez les salariés, tandis que les gens sont de plus en plus "branchés" au travail durant ces congés.

Nous l'avons vu dans le billet précédent, le manque de pauses ne fait pas bon ménage avec la productivité. On devrait donc être très motivés et encouragés par soi-même et notre employeur à profiter pleinement des ces arrêts. Répétons-nous souvent cette phrase : les pauses sont non seulement méritées, mais nécessaires.

En fait, ne pas pouvoir s'arrêter est souvent un symptôme de quelque chose d'autre. Il faut alors mettre le doigt sur ce qui est en arrière-plan pour répondre honnêtement à "Qu'est ce qui m'empêche de prendre congé correctement ?"

Faut manque de temps
Réglons tout de suite le cas au manque de temps, raison no 1 invoquée pour la moitié de nos malheurs. Phénomène observé avec la paie ou la grandeur de notre logement, si nous avions soudain le double du temps, de l'argent ou de surface de logement, en quelques semaines ou mois nous aurions rempli à nouveau l'agenda, nos dépenses ou les garde-robes. Le temps étant fixe pour tout le monde, si nous manquons de temps, c'est toujours une question de la gestion du nombre et du type d'activités que nous choisissons de prioriser.

Voici quelque pistes à explorer ailleurs :
  1. tâches mal définies
  2. manque de ressources
  3. valorisation de la présence au travail (culture de l'entreprise ou conviction personnelle)
  4. peur d'être remplacé ou mis de côté
  5. manque d'estime de soi 
  6. manque de sources de valorisation hors travail
  7. syndrome de la super-woman/du superman, perfectionnisme
  8. difficulté à dire non
  9. peur du vide
Analyser les vraies causes de notre incapacité à décrocher est la première étape à réaliser pour réussir les changements qui s'imposent. Nous verrons dans le 3e billet plusieurs éléments qui permettent d'initier le changement en fonction du type de cause.

jeudi 6 octobre 2011

Profiter ou payer pour un congé - 1 de 3

À l'approche du congé de l'Action de grâces, je sais que je vais me retrouver à "payer" pour ce congé.
C'est à dire que je devrai faire en 4 jours ce que je fais habituellement en 5. Pire, si je pense bien profiter du congé et du beau temps, certains vivent le congé ou la fin des vacances dans l'angoisse du retour ou ont dû emporter du travail avec eux. 

Êtes-vous concerné ?
On commence par identifier si le problème vous touche. Est-ce que ceci vous fait penser à quelqu'un?
  • l'approche d'une longue fin-de-semaine suscite autant d'angoisse que d'envie
  • vous terminez plus tard le vendredi avant une fin de semaine de trois jours
  • vous devez emporter du travail ou rentrer même si c'est congé
  • vous consultez vos courriels ou vos collègues vous appellent durant vos vacances
  • vous pensez souvent au travail durant cette période d'arrêt
  • vos proches vous disent que vous êtes distrait, fatigué ou trop souvent absent
  • vous avez l'impression de ne pas profiter des arrêts de quelques jours ou semaines ou vous vous sentez plus fatigué à l'approche ou au retour des congés
Si oui, il serait temps de se poser des questions. Pourquoi ? Tout d'abord pour des questions de santé, comme le résume la Standard Life sur son site web : http://www.standardlife.ca/... On peut leur donner une certaine crédibilité, une compagnie d'assurance-vie ayant tout intérêt à garder ses clients en vie le plus longtemps possible !

Ensuite, parce que les congés rendent plus productifs ! L'extraordinaire productivité française (3e place en Europe selon Le Monde) s'explique en partie par l'obligation de travailler 35 heures/semaine ou moins. On revient d'un congé énergisé, plus créatif, plus efficace. L'absence de congé peut causer le cercle vicieux d'être moins efficace et concentré, on doit se rattraper, on ne prend pas de congé, on est fatigué, on est encore moins efficace, etc. jusqu'au burn-out parfois... STOP !!

Ne pas pouvoir s'arrêter est souvent un symptôme qu'il faut examiner avec soin. Nous verrons dans le 2e billet ce qui peut réellement causer cette spirale infernale et dans le 3e billet comment y remédier, ou soutenir notre entourage professionnel dans cette problématique.