samedi 8 mai 2010

Reconnaissance

Lorsque je rencontre un employeur pour un premier mandat, je suis toujours curieuse de connaître
quand et comment a eu lieu la dernière rencontre impliquant toute l'entreprise. Pourquoi ? Parce qu'elle reflète souvent l'état de la reconnaissance au sein de l'entreprise. Avec la formation, la rémunération et la gestion du rendement, la reconnaissance est toujours un outil extrêmement puissant pour qu'une entreprise se développe et atteigne ses objectifs.

En fait, la reconnaissance offre un des meilleurs "rapports qualité-prix" parmi les méthodes de gestion visant à augmenter l'engagement des employés. Parmi ces autres moyens, on retrouve la rémunération, la formation et la gestion du rendement. La rémunération représente un levier puissant, mais l'effet ne dure en général que quelques semaines et entraîne l'augmentation des coûts à court et à long terme. La formation et la gestion du rendement, qui peuvent même servir de reconnaissance en soi, demandent des moyens et une planification plus larges. La reconnaissance est donc l'outil évident lorsqu'on veut obtenir des résultats immédiats à des coûts faibles, ou à tout le moins raisonnables.

Ce qui permet d'ailleurs à de petites entreprises d'obtenir le même niveau d'engagement, ou même plus élevé, que dans les grandes entreprises, étant aidées par la proximité entre la direction et les employés de la base. Nous verrons dans mes prochains billets de nombreux exemples de reconnaissance qui fonctionnent. Pour voir la série complète, cliquer ici.

Mis à jour le 11 mai 2014

vendredi 30 avril 2010

Canadiens compétents, satisfaction ou zone de confort ?

 
Un article paru le 26 avril dernier détaille un sondage intéressant du gouvernement fédéral sur la confiance des employés, sondage que La Presse a résumé dans ses journaux papier et Internet (ref. 1).

On y explique que 82% des Québécois (75% des Canadiens) pensent avoir les compétences nécessaires pour se trouver un nouvel emploi aussi intéressant que celui qu'ils occupent actuellement. Ils font ainsi preuve d'un bel optimisme, peut-être un peu illusoire quand on regarde les 4 à 5 mois que prennent en moyenne les chercheurs d'emploi pour en trouver un nouveau. D'un autre côté, le sondage indique ainsi une satisfaction élevée des employés envers la formation qu'ils ont reçue.

Par contre, ils sont peu nombreux à vouloir retourner aux études (57% des Canadiens ne retourneraient pas aux études) pour parfaire leur formation, soit par manque d'intérêt (36%) ou par manque de ressources financières (21%).

Ils sont assez réalistes, mais avec un retard chronique en formation professionnelle, j'espère toujours qu'il y aura une prise de conscience collective du Québec, en retard par rapport au Canada, lui-même en retard par rapport aux États-Unis, qui n'investit pas autant que l'Europe...

Heureusement, les employeurs investissent plus qu'avant dans la formation de leurs employés, et les jeunes sont de plus en plus nombreux à obtenir des diplômes (ref. 2).

Ref. 1 La Presse, section Affaires, page 1, également en ligne à (à jour au 26 avril 2010) :
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/...

Ref. 2 Statistiques Canada, nombre de diplômés au secondaire
http://www.statcan.gc.ca/pub/82-229-x/2009001/envir/hsg-fra.htm#hg

vendredi 23 avril 2010

Le salaire minimum augmente le 1er mai

À compter du 1er mai 2010, le salaire minimum montera de 0.50$/h pour s'établir à 9.50$. Les travailleurs à pourboire, de leur côté, verront leur salaire augmenter de 0,25$ à 8,25$/h.

Quelques références à ce sujet (à jour au 23 avril 2010):
http://www.cnt.gouv.qc.ca/...
http://www.radio-canada.ca/...

Et des informations générales de la CNT sur le salaire :
http://www.cnt.gouv.qc.ca/...

mardi 20 avril 2010

Budget et équité salariale

  
Une nouvelle concernant l'équité salariale a passé plutôt inaperçu dans le dernier budget : la Commission d'équité salariale (CEQ) sera abolie et ses activités seront transférées à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Je les ai appelés pour en savoir plus, et on m'a donné les informations suivantes :
  • la Loi de l'équité salariale ne change pas, les obligations des employeurs demeurent les mêmes
  • l'équipe de la CEQ sera transférée à la CDPDJ et conservera les mêmes responsabilités
  • ce changement n'entrera pas en vigueur avant mars 2011
Si on ne peut pas être certain des effets concrets de ce changement pour les employeurs, la CDPDJ est reconnue pour ses interventions médiatisées. Est-ce qu'il y aura un effet de vases communicants ? Est-ce que la CEQ sera diluée ? Ou si les deux organismes conserveront une relative indépendance ?

Une chose est certaine, pour tous les employeurs qui ont à réaliser l'exercice, qu'ils soient en retard, à leur premier exercice ou au maintien, la plupart ont toujours le 31 décembre 2010 comme date limite.

Pour plus de détails sur l'équité salariale : http://alizerh.blogspot.com/...

mardi 13 avril 2010

Adieu à Michel Chartrand, syndicaliste

 
Michel Chartrand, syndicaliste bien connu, s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 93 ans.
http://www.radio-canada.ca/...

La lecture des nombreux articles portant sur cet homme nous ramène à la fois à une époque où tout était à bâtir et aux idéaux importants qui ont lancé le mouvement syndical québécois. Gérald Larose, ex-président de la CSN, dit dans l'article de Radio-Canada que Michel Chartrand était un novateur dans le mouvement syndical. « C'est lui qui a ouvert le mouvement syndical sur un ensemble de causes sociales », dit-il, identifiant notamment les causes des chômeurs et des locataires, de la démocratie, des politiques publiques et de certains dossiers internationaux. On mentionne également souvent que M. Chartrand était un libre-penseur.

Travaillant plutôt pour les employeurs, je sais que certains trouvent les syndicats trop forts et les règles trop présentes, et il est vrai que pour la PME d'aujourd'hui, ces deux forces peuvent représenter des contraintes (trop ?) exigeantes. Mais aujourd'hui, souvenons-nous plutôt de leur raison d'être.

Les syndicats modernes sont apparus à une époque où les abus de toutes sortes étaient innombrables, lorsque le travail des enfants, les accidents de travail évitables et l'exploitation des travailleurs au bas de l'échelle étaient très fréquents. Demandez à ceux qui l'ont connu de vous raconter le monde du travail d'avant les années 60 : c'est fascinant et un peu effrayant de penser à quel point c'était facilement accepté par la société. Certains pensent que le rôle du syndicat est aujourd'hui dépassé, je crois qu'en leur absence il serait facile de revenir en arrière parce que l'humain oublie rapidement ce pour quoi ses parents se sont battus. Les groupes de représentants des travailleurs font partie de l'équilibre des pouvoirs et sont nécessaires à une saine démocratie. Par contre, ils ne sont pas non plus sans faute. Plusieurs syndiqués et leurs dirigeants semblent avoir eux aussi oublié la raison d'être du syndicalisme et ne plus vouloir sortir de leur zone de confort.

C'est une raison de plus de saluer le courage et la force de caractère de Michel Chartrand, qui a contribué à faire changer les choses, et marqué ainsi l'histoire du travail au Québec. Aujourd'hui, ces acquis, pour lesquels tant de gens comme Michel Chartrand se sont battus, ne doivent pas être oubliés parce que certains en ont abusé. La raison fondamentale de ces batailles était le respect du travailleur, qui doit être remis au premier plan. Ce respect, je le souhaite réciproque, et au coeur des futurs changements du monde du travail.

jeudi 8 avril 2010

Enquête : satisfaction des gens en RH

Près de 1000 personnes occupant un poste en RH ont répondu à un sondage français sur leur satisfaction et leur engagement dans leur fonction. Réalisé au début de 2010 par Assess First, il présente des résultats très intéressants. Les résultats sont très bien présentés et ventilés par catégories : taille de l'organisation, secteur d'activité, âge et poste du répondant.

La qualité des relations, le degré d’autonomie et la confiance accordée sont les trois éléments qui satisfont le plus les répondants. Les apprentissages quotidiens et les feedbacks reçus complètent ce « top 5 ».

L'intérêt pour les missions, les perspectives d’évolution et l'équilibre vie pro / vie perso (équilibre ou conciliation travail/famille au Québec) sont les trois éléments les plus insatisfaisants, suivis de près par la charge de travail et les formations proposées.

Les sondeurs ont également mesuré l'engagement à l'aide de sept critères. Ce sont l'appropriation des objectifs et la volonté de dépassement qui arrivent en tête, suivies dans l'ordre de la capacité à se mobiliser, du sentiment d’appartenance et de la fierté éprouvée. Finalement, le projet d’entreprise et l'adhésion aux valeurs ferment la marche.

Ces deux derniers points semblent montrer une incohérence entre les valeurs véhiculées par la haute direction et ce qui se vit au quotidien par les personnes RH. Il s'agit d'un reproche qui revient également souvent dans les sondages au Québec. Je soulève également l'apparente contradiction du projet d'entreprise qui arrive au bas du classement et de l'appropriation des objectifs qui se trouve en tête, à moins que les objectifs soient fixés au niveau intermédiaire ou déconnectés du projet d'entreprise. Et si j'interprète mal les résultats, peut-être à cause de différences culturelles, svp me faire signe :)

Il serait intéressant de réaliser ce même sondage au Québec (voir note 1). Les feedbacks reçus se trouveraient probablement plus bas au classement d'après des résultats de sondages passés.

Les résultats sont visibles en diaporama avec conclusions de Assess First sur leur blogue.

Note 1 : Un de nos lecteurs a suggéré ce lien où on voit les résultats parfois surprenants d'une enquête canadienne.


Mis à jour le 15 avril 2014

mardi 30 mars 2010

Médias sociaux : les employeurs inquiets

 
Voici un discours fictif mais plausible de la part d'un employeur sur le sujet des médias sociaux :

"J'ai lu un article, et il faut tout de suite contrôler les médias sociaux. Facebook et Twitter, pas question que ça rentre ici. Je ne veux pas que les employés perdent du temps avec ça ! Ils ont déjà de la misère à lâcher leur iPhone pour répondre à un client... Sans compter qu'ils peuvent révéler des secrets, nuire à notre réputation... je veux garder le contrôle. Avec une politique solide, pour que tout le monde sache quoi faire et que c'est interdit d'aller là-dessus sur les heures de travail."

Ça semble un peu extrême, mais remettons d'abord le comportement du patron en perspective. Les organisations commencent seulement à s'habituer à l'Internet, et voilà que Facebook, Twitter, iPhone et autres envahissent les lieux de travail. Du point de vue du gestionnaire, l'employé qui passe une heure sur Twitter ou YouTube vole une heure à l'entreprise. Il peut être complètement dépassé par la nouvelle génération "multi-tâche". Le patron craint également ce qui se dira de l'entreprise sur Internet. Imaginez l'horreur s'il découvre un groupe d'anciens employés frustrés sur Facebook, ou que son assistant s'est fait avoir par Infoman... (voir : http://www.radio-canada.ca/... et http://www.radio-canada.ca/nouvelles/...)

Une des premières réactions normales peut alors être de tout interdire. Or, vouloir tout contrôler (les médias sociaux comme toute autre chose) c'est un peu comme vouloir contrôler un ruisseau. Il ne suffit pas de mettre quelques roches pour que le cours d'eau s'arrête.

La rigidité peut fonctionner dans quelques milieux traditionnels, pour les autres, il faut commencer par faire confiance. Quelques contrôles seront utiles pour éviter les dérapages des individus incapables de s'auto-réguler. Pour les autres, il suffit habituellement d'être clair sur les attentes même s'il faut parfois les rappeler régulièrement. Bref, contrôlons les résultats plutôt que les individus, c'est plus sain et ça demande moins d'efforts.


Un point de vue intéressant :
Five Reasons Why Your Company Doesn’t Need a Social Media Policy http://ow.ly/Ww6w

Retour sur mon dossier novembre sur les médias sociaux au travail :
http://alizerh.blogspot.com/2009_11_01_archive.html

mardi 23 mars 2010

Français difficile = GROS problème...

  
Dans une lettre ouverte parue il y a quelques semaines, Marie-France Bazzo rappelait à juste titre le problème de l'analphabétisme et celui, plus sournois, des difficultés de lecture.
http://www.fondationalphabetisation.org/pdf/FPA_Lettre_ouverte_MF_Bazzo_VFR.pdf

Ces difficultés touchent la moitié, oui LA MOITIÉ ! de la population au Québec. Difficultés suffisantes pour ne pas pouvoir comprendre un texte simple.

Ça me semble un problème grave et sous-estimé, qui se répercute partout dans la société : le parent qui ne peut aider son enfant dans ses devoirs, un autre qui dénigre les études ou le malade qui prendra ses médicaments de la mauvaise façon.

Et ça se passe aussi dans les entreprises : combien coûte ce travailleur qui refuse la formation, cette travailleuse qui commet une erreur de compréhension ou ce gestionnaire qui ne comprend pas le nouveau document reçu ? Ces coûts sont cachés et souvent ignorés.

Nous avons tous notre rôle à jouer :
  • en ne sous-estimant pas les effets et la portée de ces difficultés
  • en favorisant la lecture et l'écriture chez nos enfants, nos jeunes
  • en participant à des activités comme "La lecture en cadeau" (voir réf. 1) 
  • en soutenant la Fondation pour l'alphabétisation (voir réf. 1)
  • en tant que décideur, en travaillant en collaboration avec des organismes pour identifier et aider les personnes présentant ces difficultés
  • en tant que collègue, conseiller RH ou décideur, en offrant un environnement ouvert pour que les gens présentant ces difficultés osent en parler, et acceptent de l'aide
 Réf. 1 : La lecture en cadeau organisée chaque année par la Fondation de l'alphabétisation : http://www.fondationalphabetisation.org/

lundi 22 mars 2010

Recrutement : 10 trucs pour sauver du temps

Ces dernières années, embaucher semble toujours plus exigeant pour plusieurs. Voici quelques trucs pour sauver du temps.

1- Définissez soigneusement le besoin
Souvent oubliée lorsqu'on est pressé. Peut sauver un maximum de temps : comment embaucher la bonne personne si elle ne correspond pas au besoin réel ?

2- Optimisez les sources de candidatures
Souvent l'annonce est déjà montée, on la publie dans les mêmes médias, avec la même durée. Ça semble plus rapide, jusqu'à ce qu'on se demande pourquoi on obtient autant de CV non pertinents ou pas de CV du tout. Remettez en question, réduisez, changez les sources et testez-les.

3- Réduisez les délais totaux
Planifiez votre recrutement d'avance pour pouvoir ne publier que quelques jours à la fois. Organisez et réduisez toutes les étapes pour pouvoir recruter en quelques semaines ou mieux, en quelques jours.

4- Réduisez le nombre d'entrevues
Un des meilleurs moyens de réduire le temps passé à recruter est de ne passer que 3 ou 4 entrevues. Comment ? Voir le truc no 5.

5- Faites des pré-entrevues téléphoniques efficaces
Les entrevues téléphoniques sont souvent sous-estimées. Bâtissez-vous un scénario d'appel avec des questions simples et compatibles avec le téléphone. Voir aussi le truc no 6.

6- Vendez le poste
Pour réduire le nombre de candidats absents à l'entrevue, vous devez créer un lien avec le candidat au téléphone. Pour réduire le nombre de candidats qui disent non suite à l'offre, vous devez également créer un bon lien lors de l'entrevue.

7- Faites des entrevues de groupe
Si vous avez beaucoup de candidats à recruter en même temps (ex. saisonnier), ceci vous sauvera beaucoup de temps et vous permettra de voir les interactions d'équipe en prime.

8- Impliquez le superviseur
Le futur superviseur devrait participer, par exemple en réalisant une partie de l'entrevue ou des tests maison. En prime, une fois impliqué, votre entourage ne devrait plus se plaindre que vous ne savez pas choisir les bons !

9- Utilisez les bons outils
L'entrevue N'EST PAS le meilleur outil pour choisir un candidat pour un poste manuel. Passez-lui plutôt un court test maison correspondant aux forces attendues. L'assiduité peut se vérifier par la vérification des références.

10- Confiez les vérifications de référence et certains tests à une firme spécialisée
On perd un temps fou à tenter de rejoindre les références et on n'obtient pas toujours des réponses intéressantes. Une bonne firme spécialisée décèlera plus efficacement que vous les contradictions.

Et vous, quels sont vos trucs pour sauver du temps ?

Mis à jour nars 2014

Équité salariale, oui, mais quand ?

Vous devez faire l'équité salariale, mais quand ? Voici des informations générales pour vous aider à déterminer les dates qui concernent votre entreprise. À noter qu'en raison de cette complexité, il faut toujours valider votre cas personnel directement avec un agent de la CEQ avant de procéder à votre exercice d'équité salariale. Les conséquences d'une erreur de date sont trop grandes pour ne pas la valider d'une façon sûre en notant toutes vos informations et en les validant auprès de la CEQ.

Voyez également un tableau résumant certaines de ces dates sur le site de la CEQ : 
http://www.ces.gouv.qc.ca/documents/publications/TableauBexercice.pdf

1 : l'entreprise a une moyenne de 10 salariés ou plus du 21 novembre 1996 au 20 novembre 1997
Année de référence : 21 nov. 1996 au 20 nov. 1997
Réalisation prévue : 21 nov. 2001
Fin des versements : 21 nov. 2005

2 : l'entreprise a démarré entre le 21 novembre 1997 et le 12 mars 2008
ET elle a
une moyenne de 10 salariés dans l’année suivant 1re embauche
Année de référence : 12 mois suivant embauche du 1er salarié
Réalisation prévue : 5 ans suivant date de début des activités
Fin des versements : 4 ans après réalisation

3 : l'entreprise n'a pas atteint 10 salariés dans l’année suivant 1re embauche
ET elle a atteint 10 salariés par la suite AVANT ou DURANT 2008
Année de référence : 1er janvier au 31 décembre 2008
Réalisation prévue : 31 décembre 2013
Fin des versements :  31 décembre 2017

4 : après 2008 : surveiller la 1re année civile où l’entreprise atteindra 10 salariés
Année de référence : 1er janvier au 31 décembre de l’année suivante
Réalisation prévue : 4 ans à compter du 1er janv. de l’année de référence
Fin des versements : 4 ans après réalisation