mercredi 22 janvier 2020

Changements à l'équité salariale - 3e partie

Des changements importants ont été apportés à la Loi de l'équité salariale au printemps et à l'automne 2019. Rappelons que celle-ci s'applique à tous les employeurs sous juridiction provinciale employant 10 employés ou plus.

Voir les textes précédents première partie et deuxième partie, pour les ajustements à prévoir. Assurez-vous de lire mon AVERTISSEMENT à ce sujet aussi. Voici la suite des changements :

Changements dans l'affichage
Le contenu des affichages est également modifié.

Premier affichage
  • il n’est plus obligatoire de réaliser un avis d’affichage.
  • on doit y présenter la liste des évènements ayant généré des écarts salariaux survenus depuis l'exercice précédent, avec les dates de début (et de fin s'il y a lieu) de ces évènements.
Deuxième affichage
  • si c'est le cas, mentionner qu'aucun renseignement n’a été demandé ni aucune observation présentée durant le premier affichage.
  • indiquer que toute plainte portant sur les travaux d’équité salariale doit être déposée au moyen du formulaire prescrit par la loi.
  • inclure les renseignements sur les recours possibles et les délais prévus, entre autres pour une personne salariée qui croit que l’employeur ou l’association accréditée aurait agi de mauvaise foi, etc.
Voir ici les détails et différents modèles d'affichage de la CNESST pour trouver celui qui correspond à votre situation.

Changements dans la déclaration (DEMES)
Notez que la déclaration (DEMES) est différente de l'exercice du maintien : l'exercice du maintien doit être fait tous les cinq ans, seulement à l'interne, tandis que la déclaration est une mise à jour de votre dossier à effectuer en ligne. Le délai pour la DEMES est le même que celui accordé pour la production de la déclaration de mise à jour au REQ.

Le changement : les employeurs doivent maintenant produire la DEMES annuellement jusqu'à ce qu’ils attestent avoir réalisé l’exercice initial d’équité salariale dans leur entreprise. Par la suite, les employeurs doivent produire la déclaration lorsqu'ils réalisent l'exercice du maintien de l’équité salariale dans leur entreprise. Lorsqu'ils attestent avoir réalisé l'évaluation du maintien, ils sont exemptés de produire la déclaration jusqu'à leur prochain exercice.

Cette obligation s’applique à tous les employeurs dont l’entreprise est immatriculée au registre des entreprises (REQ) et qui y ont déclaré 11 personnes salariées ou plus l’année précédente.

Pour aller plus loin
CNESST pour les affichages
Plus de détail par Lavery Avocats

mercredi 15 janvier 2020

Vous employez des travailleurs d'agence ou étrangers? À lire!

Depuis le 1er janvier 2020, un nouveau règlement encadre plus étroitement le travail des agences de placement, incluant celles qui recrutent des travailleurs étrangers temporaires.

IMPORTANT : ce règlement entraîne des risques et des obligations importantes pour l'employeur.

Ce règlement vise l’ensemble des entreprises qui offrent des services de location de personnel, en excluant celles qui exercent leurs activités à titre de sous-traitants, de sous-entrepreneurs et de services-conseils.

Permis obligatoire
À partir du 1er janvier 2020, toute agence de placement devra détenir un permis émis par la CNESST pour maintenir ses activités (avec une période de grâce pour donner le temps d'obtenir le permis). Elles devront également déposer une caution de 15 000 $ et indiquer le numéro du permis sur tous leurs documents d’affaires.

Obligations pour l'employeur

  • S'assurer que l'agence détient son permis (une liste des agences sera disponible en ligne sur le site de la CNESST à partir du 20 janvier 2020). 
  • Offrir aux travailleurs étrangers ou d'agence un salaire égal à celui d’autres employés de l’entreprise chargés des mêmes tâches
  • Ne pas demander aux travailleurs étrangers des sommes supplémentaires autres que celles exigées par les programmes gouvernementaux canadiens. 
  • Ne pas conserver des biens ou des documents appartenant aux travailleurs.

Risques pour l'employeur
L’agence de placement et l’employeur seront solidairement responsables des obligations pécuniaires. L'employeur pourrait ainsi être poursuivi par la CNESST pour des montants impayés de salaire, pour jour férié, etc. aux employés embauchés via une agence.

Pour en savoir plus
Informations par la CNESST
Obligations de l'employeur (site de la CNESST)
Le règlement

mardi 10 décembre 2019

Joyeuses fêtes et merci !

Chers lecteurs et abonnés à l'infolettre, merci de me lire en grand nombre et pour vos commentaires enrichissants, vous m'inspirez le contenu de ce blogue depuis 16 ans.

Aux collègues, clients, amis, et autres humains sympathiques que j'ai la chance de côtoyer dans mon travail, merci de me donner de bonnes raisons de continuer à faire ce que j'aime : travailler avec les humains pour que ça soit plus facile et plus agréable au travail.

Pour vous exprimer ma reconnaissance, voici en reprise trois textes pour alléger le temps des fêtes :
Je vous souhaite à tous de Joyeuses Fêtes, et une très bonne année 2020, remplie de ce qui vous garde heureux et en santé.

Cybèle

PS Le blogue et moi prendrons congé du 24 décembre au 14 janvier. L'infolettre fait relâche jusqu'au 15 février. À bientôt !

PPS Pour ceux qui n'aiment pas les chats, j'ai joint aussi d'autres images de Noël plus bas...







mercredi 4 décembre 2019

Changements à l'équité salariale - 2e partie

Des changements importants ont été apportés à la Loi de l'équité salariale au printemps et à l'automne 2019. Rappelons que celle-ci s'applique à tous les employeurs sous juridiction provinciale employant 10 employés ou plus.

Voir le texte précédent, et assurez-vous de lire mon AVERTISSEMENT à ce sujet aussi. Voici la suite des changements :

Date anniversaire de l’évaluation du maintien
La date anniversaire correspond à une date fixe à laquelle le maintien doit être fait, tous les 5 ans après l’exercice initial. Avant les modifications apportées à la Loi, elle était établie à partir de la date à laquelle le nouvel affichage de l'exercice initial (parfois appelé deuxième affichage).

Selon les nouvelles modalités de la Loi, les employeurs dont la date anniversaire était avant le 10 avril 2019 conservent cette date pour les futures évaluations du maintien.

Pour les futurs exercices initiaux, la date à laquelle le premier affichage aurait dû être fait sera la date anniversaire.

Processus participatif obligatoire
Les employeurs qui avaient fait l’exercice initial en comité ou qui ont une association syndicale devront aussi prévoir un processus de participation au moins 60 jours avant d'afficher les résultats des travaux.

Formulaire de plainte en ligne
Finalement, afin de simplifier et d'accélérer le traitement de plaintes déposées sur l'exercice initial ou l'évaluation du maintien de l'équité salariale, la Loi rend obligatoire l'utilisation d'un formulaire de plainte prescrit par la CNESST.

Amendes
Le défaut de se conformer à ces nouvelles obligations représente une infraction en vertu de l’article 115 de la Loi sur l’équité salariale, passible d’une amende de 1 000 $ à 45 000 $. Ce défaut pourrait également entraîner une vérification dans les entreprises fautives.

Pour plus de détails, consulter le site de la CNESST ici.

Voir la suite en janvier...

mercredi 27 novembre 2019

Équité salariale, des changements! 1re partie

Des changements importants ont été apportés à la Loi de l'équité salariale au printemps et à l'automne 2019. Rappelons que celle-ci s'applique à tous les employeurs sous juridiction provinciale employant 10 employés ou plus.

AVERTISSEMENT
Ces changements sont importants et ne s'appliquent pas de la même façon pour tout le monde, et mon texte fait plutôt un résumé général. De plus, il y a des dispositions de transition pour certains employeurs, et puis, je peux me tromper! Comme pour tout sujet légal, consultez toujours les sources officielles avant d'aller de l'avant, ici je vous suggère cette page de la CNESST.

Correction rétroactive des écarts salariaux
D'abord, on fait faire à l'employeur un retour dans le temps : l'employeur doit maintenant identifier la date de chaque événement ayant généré, augmenté ou diminué un écart salarial.

Pour le maintien, un évènement est ce qui crée un écart salarial. En voici des exemples : un nouveau poste est créé ou aboli, une catégorie féminine devient une catégorie neutre ou masculine, une augmentation de salaire est accordée à un employé.

S'il y a eu des écarts, même s'ils ne sont plus présents au moment de l'exercice, l'employeur devra les corriger rétroactivement au lieu de le faire seulement au moment du maintien. Il devra aussi inclure certaines de ces informations dans l'affichage.

Versement des ajustements salariaux
La correction des écarts salariaux devra se faire de 2 manières :
1- toute somme due pour la période précédant la date du nouvel affichage de l’évaluation du maintien, ou la date où il aurait dû être fait, doit être versée à cette date sous forme d’une somme forfaitaire.
2- toute somme due pour la période suivant la date du nouvel affichage, ou la date où il aurait dû être fait, est versée à compter de cette date sous forme d’ajustement salarial.

Voir la suite ici...

mercredi 20 novembre 2019

La génération qui n'a pas peur de changer d'emploi...

Voici deux cas vécus pour illustrer un gros changement générationnel au niveau de l'emploi.

Témoignage dans un groupe Facebook
J'ai quitté un emploi très bien rémunéré avec fond de pension et autres avantages financiers pour me lancer dans le vide et je suis tellement sereine face à cette décision! 
Climat de travail toxique, routine quotidienne infernale, absence de reconnaissance, jeux de pouvoir malsains, sur appel soirs et fins de semaine... T-E-R-M-I-N-É!

Entendu lors d'un congrès RH
Un des nouveaux employés est venu me voir. Il me dit que le job est correct mais qu'il s'en va parce qu'il ne se... "réalise pas". Wow... 
Alors je lui ai dit, ok, qui est-ce qui t'offre un meilleur poste? Et là il m'a répondu... qu'il n'avait pas reçu d'offres! Le gars quitte un job à 55 000$ pour s'en aller nulle part!!

On le sentait un peu en état de choc : lâcher un bon emploi rémunérateur et sûr pour se lancer dans le vide lui semblait inimaginable.

Ce type de croyance est répandu et peut avoir des effets pervers. Certains se disent les employés sont très bien payés, qu'ils endurent les mauvaises conditions/climat de travail, de toute façon on n'a pas le contrôle là-dessus...

Une récession pour calmer le jeu?
J'ai même entendu des employeurs en venir à souhaiter une récession! Si ça arrivait, peut-être que ça calmerait un peu la croissance d'un marché du travail en surchauffe. Mais comme la démographie entraîne plus de départs que d'arrivées, et ce pour encore plusieurs années, mathématiquement on ne peut juste pas espérer que ça soit plus facile de sitôt.

Retour à la base...
Si un employeur pense qu'il a peu ou pas le contrôle dans la fidélisation, ou qu'il espère la récession pour régler ses difficultés de recrutement, pendant ce temps il ne s'ajuste pas à la situation. On revient alors à la base : que ça nous plaise ou non, les employés sont fidèles quand ils se sentent appréciés et traités comme un des éléments les plus importants d'une organisation, quand ils se sentent bien au travail, ou au moins pas trop mal! Tout le reste en découle...

Quand les fraises deviennent hors de prix ou introuvables, on peut blâmer la Californie, on peut payer de plus en plus cher, ou bien chercher des bleuets... Qui ne se trouvent peut-être pas au même endroit que les fraises!

mercredi 6 novembre 2019

Offres d'emploi comiques

Je présente de temps en temps les côtés comiques des CV que je reçois. Des fois c'est les offres d'emploi qui font rire ou surprennent...

On demande beaucoup...
  • Pour un poste de contremaître, l'employeur décrit les nombreuses responsabilités en une douzaine de lignes, incluant de gérer une équipe de 12 personnes, pour lequel il demande 1 à 6 mois d'expérience... 
  • Poste demandant d'être disponible pour travailler de jour, de soir et de fin de semaine, horaire variable, sur appel, au salaire minimum. Le feriez-vous? Moi non plus, à moins d'être plutôt mal pris...
  • Vu dans une épicerie : « commis temps partiel boulangerie, disponible en tout temps ».  Un chausson avec ça? Heureusement que l'épicerie est fermée la nuit!
On offre beaucoup...
  • 39$ l'heure pour un électrotechnicien + avantages dans une grande entreprise manufacturière. L'explication au bas de l'offre : « Un des meilleurs temps pour rentrer chez (Entreprise) depuis 25 ans car 50% de la main d’œuvre spécialisée est éligible à la retraite d’ici 2021. »
     Hé bien, il vous reste pas grand temps!
On demande l'impossible...
  • Programmeur XYZ avec 5 ans d'expérience. Je ne me souviens plus du nom du langage, mais mon collègue a éclaté de rire : « Ce langage, il a été inventé il y a deux ans!! »
On ne sait pas ce qui est demandé...
  • Skillable talent recherché 
  • Dextérité avec un ordinateur (poste de programmeur)
  • Posséder un sens du travail parfait et au delà des attentes.
Et on demande avec la langue de bois!
  • ...visant à combiner action et stratégie pour initier des actions innovantes et efficaces qui vous propulseront vers vos objectifs, tout en vous démarquant de la concurrence!
  • Capacité à offrir une expérience exceptionnelle aux clients dans un environnement dynamique et vivant, et de stimuler les échanges interpersonnels de qualité, ceci de manière continue.
  • Habiletés supérieures de communication, afin d’entretenir des conversations cohérentes, fluides et agréables avec notre précieuse clientèle.

mercredi 30 octobre 2019

Des machines avant les humains? éditorial

Vous l'avez peut-être déjà vu dans votre entreprise, il semble plus facile pour la direction de payer 50 000$ pour une machine ou un équipement que 10 000$ dans un salaire ou pour améliorer les conditions de travail!

Vrai, le 10 000$ de salaire est récurrent et avec les bénéfices marginaux et l'indexation, on atteint vite le 50 000$. En même temps, la machine entraînera sans doute des frais dont on parle peu : entretien, formation, financement, immobilisation (la dépense est répartie sur plusieurs années). Elle sera peut-être également désuète ou demandera une remise à neuf dans 5 ou 10 ans.

En attendant le robot du futur...
Alors qu'un investissement dans les conditions de travail ou dans les salaires devrait permettre d'obtenir un bon retour sur investissement pour ces raisons :

  • facilite l'embauche en améliorant la marque employeur
  • réduit le taux de roulement (coûts d'embauche et de formation)
  • augmente la mobilisation, ce qui entraîne normalement une hausse de la productivité

Pourquoi cet écart? Une partie du problème vient peut-être de l'aspect "moral", quand on parle de "donner" quelque chose aux employés et on entend souvent :
- ils vont en demander plus
- nos coûts de salaire vont exploser et on n'aura pas le contrôle
- on a déjà donné des augmentations et ça n'a rien donné de plus.

D'accord, l'investissement dans les humains est probablement moins simple. D'un autre côté, j'ai entendu souvent des gestionnaires se plaindre d'avoir investi dans des machines qui ont brisé, ne donnaient pas le rendement attendu, ont coûté plus cher que prévu, etc. Pensez à la dernière implantation informatique, elle a sûrement coûté plus cher et pris plus de temps que prévu. Les machines sont peut-être plus prévisibles que les humains mais ça ne justifie pas de systématiquement remettre en question les investissements humains.

Et puis, quand avez-vous entendu un propriétaire d'entreprise expliquer sa croissance par l'achat d'une machine? Pas mal moins souvent que par le travail de son équipe...

mercredi 23 octobre 2019

Oubliez le téléphone, c'est trop compliqué!

Vous serez peut-être surpris d'apprendre que le téléphone est maintenant "out", technologiquement dépassé, passé de mode... En tout cas dans sa version traditionnelle consistant à composer un numéro puis à parler, de vive voix, avec un interlocuteur. L'usage actuel consiste à texter, "tchater", "messenger", "snapchater", "discorder" ou tout autre moyen vous permettant de communiquer avec l'autre par un type ou l'autre de messagerie instantanée. Bref, comme me l'a dit un de mes candidats :
"Le téléphone? Y a juste ma mère qui m'appelle dessus..."
Malgré cette introduction humoristique, il s'agit d'un vrai problème pour l'embauche :
  • Un nombre croissant de candidats n'ont plus de boîte vocale.
  • Ceux qui en ont une ne prennent pas nécessairement leurs messages régulièrement, leur boîte est pleine, leur message d'absence de vacances date de l'an dernier. 
  • Des candidats m'ont dit qu'un employeur qui utilise seulement le téléphone, c'est un "dinosaure"...
  • D'autres m'ont avoué avoir une grande anxiété à l'idée de recevoir un appel d'un recruteur. 
  • Les candidats plus traditionnels peuvent juger les courriels et textos comme étant impersonnels ou trop familiers.
  • Selon cet article, 75% des moins de 30 ans préfèrent envoyer des textos plutôt que de parler s’ils ont le choix. Les textos sont « plus pratiques » et « moins perturbants qu’un appel vocal », selon l’enquête.
Notez que ça a aussi des conséquences pour la gestion en général : certains employés ne donnent pas signe de vie s'ils sont en retard ou absents parce qu'il faudrait qu'ils fassent un appel.

Bref, si le téléphone ne semble plus le meilleur moyen pour joindre les candidats plus jeunes, on ne sait plus trop comment communiquer avec nos candidats en général.

Que faire?
Ça semble simple : apprendre à utiliser adéquatement le texto et le courriel... Même si le changement paraît étrange, il est avantageux d'élargir nos moyens de communication. Ceci permet de se démarquer des autres employeurs qui tiennent mordicus aux appels téléphoniques. Nous verrons dans un texte futur quelques conseils pour utiliser le texto et le courriel en recrutement.