mercredi 17 octobre 2018

Recruteurs, recto-verso 2 - par RH brutes

Un peu d'humour RH aujourd'hui.*

Pour voir la première partie, cliquer ici.
Une entrevue devrait être une expérience positive...

On continue avec quelques cas vécus de candidats ayant vécu certaines frustrations durant leur recherche d'emploi. Ça pourrait aussi s'appeler "Contre-exemples d'expérience candidat..."

En informatique, plusieurs me parlent des certifications pour obtenir un emploi. L’un me disait après avoir passé une entrevue pour un projet précis :
-C’est idiot, j’avais pas mal d’expérience dans des projets pareils, et ils ont plutôt engagé le gars certifié, mais ils l’ont mis dehors après 3 mois, il arrivait pas à livrer. Ils m’ont rappelé! Mais j’ai dit non, je veux pas travailler pour une compagnie pour qui le bout de papier est plus important que l’expérience. Faites-moi donc passer un test à la place, sacrament!

Il y a également un ami chasseur de têtes en informatique qui me racontait :
-C’était un des rares spécialistes de X - ils sont moins de 10 dans tout le Québec! J'avais dit au DG qu’on était vraiment chanceux qu’il accepte de nous rencontrer. Le mosusse de DG commence à vouloir négocier sur son salaire et lui faire croire qu’on a d’autres options en réserve… Le candidat est parti avant la fin de l’entrevue! Des heures de travail perdues parce que l’autre n’est pas capable de se mettre dans la tête que c’est mon candidat qui avait le choix, pas lui!

Heureusement, plusieurs travaillent fort pour laisser une bonne impression de l’entreprise au candidat. Parce que c’est ça qui est en jeu, ça et l’image de la profession…

Et vous, en avez-vous des histoires de fous? Qu’on rit ou pleure un peu?

* RH brutes est mon alter ego plus sombre,  le ton est plus mordant ou moins sérieux que dans mes billets habituels. Pour plus d'information, voir ce billet explicatif 

mercredi 10 octobre 2018

Enjeux du cannabis au travail - 2

Voici la suite de notre article au sujet de la législation du cannabis qui entrera en vigueur le 17 octobre prochain.

Détection des facultés affaiblies
Il est difficile de détecter et mesurer l’affaiblissement des facultés par le cannabis, contrairement à l’alcool. En effet, aucun test de dépistage du cannabis ne mesure le degré d’affaiblissement des capacités, contrairement au test d’alcoolémie, selon un article de TVA. Les tests qui existent actuellement pour dépister la présence de cannabis ne soient pas assez précis pour avoir une valeur légale.

Règles entourant les tests de dépistage
Rappelons également que les règles entourant les tests de dépistage sont plutôt strictes et protègent le droit à la vie privée. Le dépistage automatique des drogues peut contrevenir à certaines lois sur les droits de la personne. Il n’est permis que dans certaines situations, comme lorsque le travail de l’employé a un impact prouvé et majeur sur la sécurité.

De plus, ces tests sont limités : par exemple, "le THC peut demeurer présent dans le système sanguin de 24 à 48 heures après la consommation. Et le test sanguin peut se révéler positif si l’on a inhalé de la fumée secondaire dans une pièce fermée", selon une étude récente citée dans le journal Métro.

Maladie ou cannabis à fins médicales...
L’employeur doit prendre des mesures d’adaptation raisonnables lorsqu'un employé consomme du cannabis à des fins médicales, ou lorsque ce dernier est aux prises avec une dépendance. L’employé a alors l’obligation d’informer son employeur. L’employeur devra faire un réel effort afin d’accommoder son employé, sauf en cas de contrainte excessive. Même là, la jurisprudence tend à être plutôt sévère dans son interprétation de la contrainte excessive.

Notez toutefois que même si un employé consomme de la marijuana à des fins thérapeutiques, l’employeur n’est pas tenu d’accepter un risque accru, par exemple causé par une baisse des facultés au travail. Et certaines souches de cannabis thérapeutique contiennent moins de THC, et sont donc moins psychoactives, selon le Journal Métro.

Des solutions?
Les employeurs devraient réviser dès que possible leurs politiques internes concernant les drogues et alcool. On pourra, par exemple, interdire toute consommation de drogue sur les lieux de travail et encore indiquer clairement qu’on ne tolérera aucune odeur ou aucun état de facultés affaiblies d’une personne sur les lieux de travail. Notons qu'il n’existe aucun "droit" à la consommation de cannabis.

Nous réviserons bientôt les principaux points dont il faut tenir compte dans un politique sur les drogues, lorsque la loi sera en vigueur.

Pour aller plus loin
Bon texte par des avocats : Légalisation du cannabis : les employeurs sont-ils prêts ?
La légalisation du cannabis inquiète des employeurs
Dossier par Radio-Canada : Cannabis, les effets de la légalisation
Manque de temps pour faire face au pot légal incluant section "Reconnaître intoxication"

mercredi 3 octobre 2018

Enjeux du cannabis au travail - 1

Plusieurs employeurs sont inquiets de la légalisation du cannabis qui entrera en vigueur le 17 octobre prochain. Même si personne ne peut prédire exactement ce qui se passera alors, voici quelques enjeux que je perçois...

L'effet de nouveauté
On peut penser qu'après une période d'adaptation, la gestion du cannabis au travail ressemblera un peu à celle de l'alcool. Toutefois, si les gens savent bien que "boire sur la job" ne se fait pas, est-ce que l'effet de nouveauté créera un engouement pour le cannabis, avec quelques essais/erreurs de la part de certains employés?

Seul l'avenir nous le dira... Toutefois, le PDG d'une entreprise qui a des activités au Colorado, où la marijuana à usage récréatif est légale depuis 2014, mentionne dans cet article que la légalisation a eu pour effet d'augmenter la consommation chez ses employés.

SST
Les lois en matière de santé et de sécurité au travail sont sévères pour les employeurs, et ceux-ci seront tenus responsables ultimement s'il arrivait un accident au travail, qu'il soit causé par la marijuana ou non. Encore là, l'effet de nouveauté pourrait entraîner des comportements irresponsables, par exemple de fumer avant de manipuler des produits ou des équipements dangereux. Sachant que le cannabis peut diminuer la vigilance, la coordination, le temps de réaction, la capacité d’accomplir plusieurs tâches, les perceptions, le traitement de la pensée, le jugement et la perspicacité, l'employeur a tout intérêt à considérer le cannabis sous cet angle avec ses employés et les personnes responsables de la SST.

Comme l'alcool?
Le principe de "la petite bière" doit-il s’appliquer? En effet, si l’employeur tolère la consommation d’alcool sur l’heure du dîner, que fera-t-il au sujet de la consommation de cannabis sur la même heure de dîner?

Conduite de véhicules
De plus, les lois canadiennes et québécoises interdiront la conduite automobile dès qu'il y a eu consommation de cannabis. La loi québécoise toujours à l’étude à l’Assemblée nationale, prévoit la tolérance zéro à l’égard du cannabis au volant. Le contrevenant verrait son permis suspendu sur-le-champ pour une durée de 90 jours et écoperait d’une amende de 300$ à 600$." selon le site web autofocus.

La suite la semaine prochaine...

mercredi 26 septembre 2018

10 idées pour recruter en période de pénurie

La pénurie grandissante force les recruteurs et entreprises à faire preuve de beaucoup de créativité, je viens de voir un article qui explique comment certains ont trouvé un nouvel emploi grâce à... Tinder! * Tinder est un site où les gens s'inscrivent dans le but de faire des rencontres amoureuses... 
Si les recruteurs sont rendus sur Kijiji ou sur Tinder, on peut conclure que varier les stratégies d'approche devient incontournable. Ou se demander si on n'est pas trop sévère dans nos critères, mais ça, ça sera pour un autre texte... 

10 idées créatives : visibilité et expérience candidat
  1. Où vont vos candidats la fin de semaine? Vont-ils souvent au cinéma, au bowling ou à des concerts? Musique classique ou rock? Deux recruteurs m'ont raconté : ils ont imprimé et déposé un carton sur les pare-brise, dans les stationnements d'un bowling et d'un cinéma, avec beaucoup de succès. 
  2. Offrez une récompense : un restaurant de l'Alberta faisait tirer un iPad parmi tous les CV reçus au plus fort de la pénurie. 
  3. La prime offerte aux employés qui recommandent un candidat demeure encore un bon outil, si c'est bien fait. Le candidat porte toujours plus d'attention à un emploi référé par quelqu'un qu'il connaît, et c'est parfois le seul moyen de joindre ceux qui ne sont pas en recherche active. Choisissez et variez les récompenses pour que les employés développent le réflexe d'en parler autour d'eux, et surtout, qu'ils en parlent positivement...
  4. Si vous en êtes capable, utilisez l'humour dans vos publications sur les médias sociaux : les gens les feront beaucoup plus circuler qu'une "banale" offre d'emploi. 
  5. L'humour demandant une maîtrise particulière, vous pouvez utiliser l'intrigue ou des éléments surprenants à la place. Google avait imaginé des énigmes déclenchées par certaines recherches... On a rarement les moyens de Google, mais on peut utiliser une devinette ou une photo incomplète en rapport avec l'emploi ou l'entreprise.
  6. Au moins une fois par an, passez vous-même les étapes de recrutement comme si vous étiez un candidat (ou les faire passer par un de vos collègues), afin de valider "l'expérience-candidat". Si vous pensez que vous n'avez pas le temps, est-ce parce que c'est trop long, ou un peu pénible? Donc probablement aussi trop long et pénible pour le candidat... qui ne le terminera pas. De plus, il risque de parler de votre processus dinosauresque autour de lui.
  7. Affichez le poste pour une seule journée, et écrivez-le dans votre annonce! Traitez immédiatement les candidatures reçues, quitte à réafficher après quelques jours si ça ne fonctionne pas pour un poste donné. Vous épaterez les candidats en leur proposant une entrevue le jour même, et vous serez en haut de l'affichage à chaque fois. 
  8. Rencontrez les candidats ailleurs que l'habituel bureau/salle de conférence : empruntez le bureau du patron, allez dans un café, installez-vous dans la cafétéria ou sortez deux chaises de patio à l'extérieur par beau temps. Le facteur surprise déstabilise un peu, mais ça vous rend authentique et sympathique, et ça crée un souvenir impérissable chez le candidat qui en parlera autour de lui. Et sortir de sa zone de confort nous rend tous plus créatifs.
  9. Mettez en ligne des images qui montrent à quoi ressemble votre entreprise de l'intérieur, avec des témoignages, en vidéo si possible. En plus, ça se partage bien sur les médias sociaux!
  10. Faites visiter le futur espace de travail du futur employé et publiez-le ou montrez-le aux candidats intéressants durant l'entrevue. Si ça risque de décourager les candidats, il y a des questions à se poser... Et un petit effort de décoration ou d'aménagement peut surprendre agréablement les candidats, qui se sentiront privilégiés.
Question : si le candidat a le choix entre votre poste et un ou plusieurs autres, lequel choisira-t-il? Le plus haut salaire? Parfois, mais souvent ce sera celui qui lui a donné la meilleure impression, une entreprise où les gens sont imaginatifs, curieux, agréables, généreux, et où ils ont du plaisir à travailler.

Mettez du wow dans votre recrutement...
Revenons à Tinder... Vous donner la peine de mettre un peu de "wow" dans votre recrutement c'est comme en amour, ça montre à votre futur... employé, que vous êtes prêt à mettre les efforts qu'il faut pour faire marcher une relation à long terme.

mercredi 19 septembre 2018

Recruteurs, recto-verso 1 - par RH brutes

Un peu d'humour RH aujourd'hui.*

Un de mes amis informaticiens a cherché un emploi l’an dernier. Il a un CV assez varié dans un domaine pointu et il me racontait ses entrevues, surtout les plus ratées pour me taquiner. Parfois c’est même comique, d’autres fois c’est à pleurer. Les recruteurs en ont peut-être assez des candidats qui fabulent (voir quelques exemples ici) mais des fois c’est le recruteur qui en arrache...

Des cas vécus? Mon ami et d'autres m'en ont raconté quelques-uns... Un recruteur exige d’une candidate un rendez-vous à 7h30 au centre-ville, probablement pour tester sa capacité à se lever tôt, pour un poste de 9 à 5. Le recruteur? Il arrive 45 minutes en retard, à cause du trafic! Un autre a demandé à mon ami dans quel animal il aimerait se réincarner, puis lui reproche à la fin d’avoir trop d’expérience – comme s’il n’avait pas lu le CV!

Une recruteuse reproche à une candidate le manque de cohérence des puces qui ne sont pas parfaitement alignées dans son CV. Un peu vexée, la candidate lui fait remarquer que l’offre d’emploi comporte plusieurs fautes de français. La recruteuse termine l’entrevue drette là.

Un autre dit à quel point c’est important dans le poste de toujours bien répondre aux clients, retourner les appels, être disponible... Vous vous doutez qu'il n'a pas répondu ensuite aux appels et courriels du candidat. Même s'il en était à sa 2e entrevue!

La suite le mois prochain…

* RH brutes est mon alter ego plus sombre,  le ton est plus mordant ou moins sérieux que dans mes billets habituels. Pour plus d'information, voir ce billet explicatif 

mardi 11 septembre 2018

Congrès RH 2018 - avec un rabais!

L'ORHRI m'a offert d'être ambassadrice pour le Congrès RH 2018 qui aura lieu les 23 et 24 octobre prochains. En toute transparence, ils m'offrent l'entrée au congrès en reconnaissance de mon aide à diffuser des informations sur le congrès. Comme j'avais déjà l'habitude de partager avec vous les meilleurs moments quand j'y allais, le seul changement sera que je vous en parlerai un peu d'avance, d'où ce billet.

Et, chanceux lecteurs, vous avez également droit à un rabais de 100$ en indiquant le code promo CONGRESRHCR lors de l'inscription. Cliquez ici pour les détails du congrès, et ici pour vous inscrire. Ce code promotionnel est valide jusqu'au 30 septembre sur les différentes formules, sauf le cocktail et la webdiffusion.

Neurosciences à l'honneur
Revenons à ce congrès... Le thème de cette année est "Provoquer pour changer", mais il aurait pu s'intituler aussi "Les neurosciences au travail" vu les nombreux ateliers portant sur ce thème. Entre autres, je soulignerai "Développez votre leadership créatif avec les neurosciences" animé par Élaine Lecoeur et Brigitte Dubreucq. J'ai eu la chance de connaître Brigitte en 2010 lors du congrès annuel mondial RH. Elle travaille depuis longtemps sur le thème des neurosciences et elle a su m'en expliquer les bases facilement.

Le futur
On remarque également quelques ateliers sur l'intelligence artificielle et le cannabis comme on pouvait s'y attendre avec le changement à la loi.

Finalement, j'ai bien hâte de voir les grandes conférences, comme celle de John Boudreau et Ravin Jesuthasan, "Work Beyond Employment, Automation and the Future of HR". Ce sont toujours des moments forts du Congrès et l'extrait vidéo de John Boudreau a piqué ma curiosité.

On s'en reparle en novembre!

Cet article est produit en partenariat avec le Congrès RH 2018 organisé par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés qui aura lieu les 23 et 24 octobre à Montréal.

mercredi 5 septembre 2018

Les normes du travail changent - 4

Voici la suite des changements aux normes du travail qui sont entrés en vigueur depuis le 12 juin dernier. Pour regrouper certains thèmes de façon logique, ce dernier texte combine certains changements immédiats et au 1er janvier prochain.  Cliquez ici pour voir tous les articles de la série.


Harcèlement psychologique et sexuel
  • IMMÉDIAT : La loi précise que les gestes à caractère sexuel font partie des conduites vexatoires incluses dans la définition du harcèlement psychologique. C'était déjà sous-entendu, le harcèlement sexuel étant une forme de harcèlement. Probablement dans la foulée du phénomène #moiaussi, la loi vient l'ajouter en toutes lettres.
  • IMMÉDIAT : Le salarié dispose maintenant d’un délai de 2 ans après la dernière manifestation de harcèlement psychologique pour déposer une plainte auprès de la CNESST.
  • 1ER JANVIER 2019 : L’employeur a l’obligation d’adopter et de rendre disponible au sein de son entreprise une politique de prévention du harcèlement psychologique et de traitement des plaintes. Cette politique de prévention doit notamment inclure un volet concernant les conduites de harcèlement qui se manifestent par des paroles, des actes ou des gestes à caractère sexuel.
Salaire, traitement 
  • IMMÉDIAT : Les disparités de traitement fondées uniquement sur une date d’embauche relativement à des régimes de retraite ou à d’autres avantages sociaux qui affectent des salariés qui effectuent les mêmes tâches dans le même établissement sont interdites. Toutefois, celles qui existaient avant l’entrée en vigueur de la loi, soit le 12 juin 2018, demeurent valides.
  • 1ER JANVIER 2019 : Un employeur ne peut verser un taux de salaire inférieur ou de réduire la durée ou l’indemnité du congé annuel par rapport à ses autres salariés qui effectuent les mêmes tâches dans le même établissement uniquement en raison du statut d’emploi.
  • 1ER JANVIER 2019 : L’employeur d’un salarié au pourboire doit prendre en considération le salaire augmenté des pourboires du salarié pour calculer : ​l’indemnité en cas de licenciement collectif, ainsi que la rémunération des deux jours de congé pour cause de maladie du salarié, ou pour les autres raisons prévues dans la loi (ex. pour raisons familiales).

mercredi 29 août 2018

Les normes du travail changent - 3

Voici d'autres changements qui seront en vigueur SEULEMENT à compter du 1er janvier 2019.  Cliquez ici pour voir tous les articles de la série.


Absences et congés pour raisons familiales, maladie, violence, naissance...
  • Le salarié qui justifie de trois mois de service continu aura la possibilité de bénéficier d’un maximum de deux jours de congé payé, au cours d’une même année, pour prendre soin d’un parent ou d’une personne auprès de laquelle il agit comme proche aidant.
  • Il aura également la possibilité de bénéficier d’un maximum de deux jours de congé payé, au cours d’une même année, pour cause de maladie, d’accident, de violence conjugale ou de violence à caractère sexuel.
  • L’employeur ne sera pas tenu de rémunérer plus de 2 journées d’absence au cours d’une même année lorsque le salarié s’absente pour cause d'obligations familiales, maladie, de don d’organes ou de tissus, d’accident, de violence conjugale, de violence à caractère sexuel ou d’acte criminel.
  • Le droit aux 2 journées payées de congés pour maladie ou obligations familiales ne s’appliquera pas aux salariés de la construction et aux cadres supérieurs.
  • La condition des trois mois de service continu n’existera plus pour avoir droit aux absences prolongées en cas d'accident ou de maladie grave d'un proche.
  • Le salarié n’aura plus à justifier de 60 jours de service continu auprès de son employeur pour bénéficier de 2 journées rémunérées sur les 5 jours d'absence auxquels il a droit à l’occasion de la naissance ou de l’adoption de son enfant ou lorsque survient une interruption de grossesse à compter de la 20e semaine.
  • Le salarié aura droit à 5 jours de congé, dont deux journées rémunérées lors du décès d’un proche.

Vacances annuelles
  • Le salarié aura droit à trois semaines de congé payé après trois années de service.

Droit de refus de travailler
  • Le salarié aura droit de refuser de travailler plus de deux heures au-delà de ses heures habituelles quotidiennes de travail.
  • Lorsque le salarié n’aura pas été informé 5 jours à l’avance qu’il devrait travailler, il aura le droit de refuser de travailler. Cette mesure ne s’appliquera cependant pas si la nature des fonctions du salarié exige qu’il demeure en disponibilité, ou dans le cas du travailleur agricole.

mercredi 22 août 2018

Les normes du travail changent - 2 : étalement des heures de travail

Voici des clarifications sur les changements aux normes du travail qui sont déjà en vigueur depuis le 12 juin dernier.  Cliquez ici pour voir tous les articles de la série.

Étalement des heures de travail
L’employeur et le salarié peuvent maintenant convenir d’un étalement des heures de travail sur une base autre qu’hebdomadaire sans que l’autorisation de la CNESST soit nécessaire. Autrement dit, lorsque le nombre d'heures maximal est normalement de 40 heures, l'employeur n'est plus tenu de rémunérer la 41e heure de chaque semaine à taux et demi sous certaines conditions.
Voici les points à respecter :
  • la moyenne des heures travaillées est équivalente à la norme prévue dans la loi (ex. 40 heures)
  • l’accord est constaté par écrit
  • les heures sont étalées sur une période maximale de 4 semaines
  • une semaine de travail n’excède pas de plus de 10 heures la norme prévue dans la loi ou les règlements
  • le salarié ou l’employeur peut résilier l’entente à la suite d’un préavis d’au moins deux semaines avant la fin prévue de l’étalement convenu.
La CNESST précise certains éléments pour l'étalement déjà couvert par la loi, auquel elle devait donner son accord. On présume que ceux-ci pourraient également être appliqués dans le cas de l'étalement ne demandant pas l'autorisation préalable de la CNESST :
  • Le salarié touché par une demande d’étalement doit y trouver un bénéfice, d’une autre nature, pour compenser la perte du paiement des heures supplémentaires à taux majoré sur une base hebdomadaire. C’est à l’employeur de faire la démonstration de cet avantage.
  • Les salariés à temps partiel ou sur appel ne devraient normalement pas être concernés par une autorisation d’étalement des heures de travail. 
  • Le consentement des salariés doit être libre et volontaire, il ne doit pas être une condition d’embauche des salariés

mercredi 15 août 2018

Normes du travail : importants changements!

Les normes du travail québécoises ont été modifiées de façon importante le 12 juin dernier. Certaines sont déjà en vigueur et d'autres le seront à compter du 1er janvier prochain. Un résumé des changements immédiats les plus importants est présenté ici, les précisions et les autres changements seront traités dans les prochains billets. Cliquez ici pour voir toute la série.

Le gouvernement dit vouloir surtout améliorer la conciliation travail-famille. Dans les faits, il modifie quelques aspects diversifiés, et met l'accent sur les absences prolongées pour raisons familiales.

Absences pour raisons familiales, maladie, violence, décès...
La notion de « parent » est élargie et on y ajoute celle « proche aidant ». Ces notions sont utilisées pour déterminer le droit à des absences, par exemple pour raisons familiales ou parentales. Notez que le proche aidant peut se prévaloir de ces absences s’il détient l’attestation prévue dans la loi.
Voir le prochain billet pour plus de précisions sur ces absences.
  • Le salarié peut maintenant s’absenter pour prendre soin d’un parent, ou d’une personne pour qui il agit comme proche aidant, 16, 27 ou 36 semaines sur une période de 12 mois, selon les circonstances. 
  • Le salarié victime de violence conjugale ou de violence à caractère sexuel peut s’absenter du travail jusqu’à 26 semaines sur une période de 12 mois.
  • Le salarié peut s’absenter du travail sans salaire jusqu'à 104 semaines, lors du décès ou de la disparition de son enfant mineur, ou lors du décès par suicide de son conjoint, de son enfant majeur, de son père ou de sa mère.

Étalement des heures de travail
Beaucoup d'employeurs ayant déjà adopté cette pratique, il sera rassurant de la savoir maintenant légale... Attention toutefois aux conditions qui sont contraignantes! Voir le prochain billet pour les détails.
  • L’employeur et le salarié peuvent convenir d’un étalement des heures de travail sur une base autre qu’hebdomadaire sans que l’autorisation de la CNESST soit nécessaire. L'accord doit être écrit et respecter d'autres exigences contraignantes

Rémunération : virement bancaire, paiement des vacances et jours fériés
Le premier changement touche tous les employeurs, tandis que le second affecte les entreprises saisonnières, qui embauchent des employés d'été ou qui ont des besoins intermittents, des horaires variables, etc. On pense, entre autres, à toute l'industrie touristique et du commerce de détail.
  • L’employeur peut payer le salarié par virement bancaire sans qu’une convention écrite ou un décret le prévoie.
  • L’employeur peut verser l’indemnité de vacances sur la paie du salarié lorsque ses activités de nature saisonnière ou intermittente le justifient.
  • L’employeur peut maintenant choisir entre verser l’indemnité de jour férié ou accorder un congé compensatoire au salarié pour lequel un jour férié ne coïncide pas avec une journée normalement travaillée.